Les aventures pas-sages de la Baba-Yaga, de Grégoire Lopoukhine, ill. Marjolaine Leray, voix César Forget, Seuil Jeunesse
Qui ne connait la célèbre sorcière russe ? Voici l’enfance déjantée de la Baba-Yaga : fillette qui ne rêve que d’aventures et qui découvre ses premiers pouvoirs. En compagnie du matou (noir comme il se doit), qui schmoute apparemment pas mal, elle décide, quoi qu’il arrive, de partir à l’aventure. De sa première sortie sous la pluie, parce qu’après tout « il suffit de bien s’équiper », à ses tentatives de sauver le peuple des vers-de-terre de l’oppression du Grand Lézard Royal, elle ne manque pas d’initiatives et d’idées farfelues, notamment pour rétablir paix et justice dans le royaume.
Les petites et petits fouinardes et fouinards (ainsi qu’elle nomme ses lecteurs), n’auront pas de répit : une maison transformée en poulet (pas toujours facile d’utiliser le grimoire de sa grand-mère), des monstres dans la forêt en pleine nuit, l’organisation de la révolte des invertébrés, la trahison et la prison, la fuite et autres évènements qui s’enchainent pour l’apprentie sorcière. Les dialogues avec le matou sont hilarants, tout comme le dessin au crayonné efficace. Etant adapté d’un podcast à succès, le plus de ce livre, c’est l’accompagnement sonore, à découvrir grâce à un flash-code : la voix éraillée de la Baba-Yaga permet d’en savoir plus : à écouter, réécouter, avant, pendant ou après la lecture.
Le chant de nos pas, de K.O’Neill, Ed. Bliss Editions
Un univers romantique et bucolique, dans lequel Rose, apprentie ranger au cheval ailé, va devoir composer avec son rêve d’être quelqu’un de fort qui protège les plus faibles et apprendre à se découvrir. Une imprudence en voulant rendre service, la blessure de son fidèle cheval, et la voilà affectée à une mission qui lui semble ennuyeuse, auprès de Leone, un jeune berger insouciant qui préfère le violon à ses moutons, mais qui ne joue de la musique que pour eux.
Leur voyage pour livrer de la laine, à travers des paysages aussi délicats que sublimes, aux couleurs douces, leur permettra à l’un et à l’autre de se voir réellement et de faire face à l’avenir. Pour Rose, ce sera de comprendre ce qu’elle cherchait à prouver, et découvrir le nom qu’iel veut désormais porter : Rowan. Leone apprend à apprivoiser sa peur et son plaisir de jouer en public. Les rencontres au fil de ce périple mais aussi l’amitié qui grandit, le soutien indéfectible de l’un à l’autre les aident à construire de nouveaux repères. Une très jolie balade poétique en même temps qu’un récit initiatique, où l’auteur s’autorise à prendre le temps de la contemplation, laissant à ses personnages mener leur réflexion sur l’identité, le sens du devoir, la place des autres, et explorer ce que signifie grandir et s’accepter.
Marianne Baby
