Loup noir, loup blanc, de Patrick Fischmann, ill. Aurélia Fronty, Ed. Rue du Mone
L’histoire s’ouvre sous un ciel étoilé. Un vieil Indien parle à son petit-fils. Tout est si beau, si calme. Mais la réalité est bien plus dure : le camp des Cheerokee a été mis à sac plus tôt dans la journée par des soldats. Huttes, peaux de bêtes, tambours sont en pièces… Si le pire a été évité, car la tribu a pu fuir à temps et se cacher dans la forêt, rien n’a résisté à la folie des hommes. Et désormais, il va falloir partir, chercher où se réinstaller, tout recommencer, tout reconstruire loin des terres ancestrales.
Alors que de nombreuses questions s’agitent dans la tête de l’enfant, le grand-père allume un feu et prend la parole : « En chacun de nous, vois-tu, il y a deux loups… » Le premier est violent, il est en guerre et veut déchirer le monde avec ses dents. Le second chevauche avec la joie, et lui, il est amoureux du monde. Lequel gagne ? finit par demander l’enfant…
Outre la beauté du texte, extrêmement poétique, les illustrations colorées sont extraordinaires. Chaque page est un émerveillement. Cette légende, de la tradition amérindienne, et notamment chez les Cheerokee, décrit la lutte constante entre deux forces qui résident en chacun de nous. Le loup noir représente la colère, la jalousie, la violence tandis que le loup blanc symbolise les qualités comme l’amour, la paix, la compassion. Lequel choisit-on de nourrir ? Car nos choix et nos actions déterminent celui des deux qui prend le dessus. Une métaphore magnifiquement mise en scène dans cet album.
Une année, de Bernadette Gervais, Ed. La Partie
Ici, tout passe par les images. Aucun texte ne vient perturber la lecture des illustrations qui parcourent, depuis la fenêtre de l’auteur, toute une année. En première page, un gâteau au chocolat sur lequel brillent trois bougies. Le chat qui contemple l’extérieur, reste au chaud : les arbres n’ont pas de feuilles et le paysage semble nimbé de brume. Mais dès la page suivante, voilà notre animal dehors, et de premiers bourgeons sur les branches. Quelles sont ces plantes sur le bord de la fenêtre ? La réponse vient en tournant la page : des tulipes !
Les ciels légèrement nuageux, un lever de lune, un arc-en ciel, un feu d’artifice, des étoiles filantes, un éclair, la pluie mais aussi la neige : observer le ciel reste une source de plaisir tout au long du livre. Mais la vie du chat, comme celle des nombreux animaux qui traversent l’album : biche, renard ou mésange, nous ravit tout autant.
Au premier plan, de nombreux indices sur la vie dans cette maison : fleurs ou fruits, jouets d’enfants, quand ce ne sont pas de délicieuses pâtisseries comme les sablés de Noël et cet appétissant fraisier qui termine l’album… avec un chiffre quatre ! Un livre pour les trois-quatre ans, donc, mais aussi pour bien d’autres !
Marianne Baby
