L’année 2025 aura connu 645 000 naissances et 651 000 décès, d’après l’INSEE. Entre 2019 et 2029, les écoles auront perdu près de 1 million d’élèves estime Edouard Geffray. Pour anticiper l’évolution du maillage éducatif dans un contexte de baisse démographique, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé la généralisation des observatoires des dynamiques rurales et territoriales co-présidé par le préfet et l’IA-DASEN.
Observer et objectiver les réalités locales : les observatoires des dynamiques rurales
Pour mieux anticiper les évolutions, le ministère généralise le dispositif des observatoires des dynamiques rurales (ODR), mis en place en 2023 dans le cadre de France Ruralités. Ces observatoires seront déployés sur l’ensemble des territoires, sous l’autorité conjointe du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Éducation nationale. Le BO du 15 janvier est cosigné par les ministres de l’Education nationale et de l’Interieur. Cet élargissement des ODR est aussi un renforcement de la présence et du rôle des préfets dans le champ éducatif.
Chaque observatoire est coprésidé par le préfet et l’inspecteur d’académie-directeur académique des services de l’Éducation nationale (IA-Dasen). En tant qu’instance départementale, son rôle est « d’objectiver les spécificités scolaires locales afin de définir des actions partagées ».
Le diagnostic porte sur les évolutions démographiques, le maillage éducatif, l’accès aux services scolaires et périscolaires, mais aussi sur les dimensions sociales, sanitaires, sportives, culturelles et de mobilité, ainsi que sur l’orientation, l’accès à l’enseignement supérieur et l’insertion professionnelle.
Des disparités territoriales très marquées
« Amortir les effets de la chute démographique en fermant le moins possible, en limitant le nombre d’élèves par classe et, en même temps, engager […] une réflexion pour repenser l’offre scolaire sur le territoire » prévoit le ministre de l’Education nationale. A l’occasion d’un déplacement dans le Rhône, le ministre Édouard Geffray a présenté les orientations retenues pour répondre à la baisse démographique transformation.
« Nous sommes confrontés à des disparités territoriales très fortes », a souligné le ministre Édouard Geffray. Ces disparités concernent à la fois des territoires ruraux isolés et des zones urbaines cumulant les difficultés sociales. Pour y répondre, le ministère entend « inventer de nouvelles formes d’organisation scolaires », notamment à travers les territoires numériques éducatifs, afin « d’associer l’ensemble des acteurs éducatifs et de rendre l’offre scolaire plus attractive ».
59 nouveaux territoires éducatifs ruraux
Le ministre a également annoncé la création de 59 territoires éducatifs ruraux (TER) supplémentaires – sur le modèle des Cités éducatives dans les Quartiers Prioritaires de la Ville -, soit 845 établissements au total.
Depuis 2021, plus de 200 territoires ont été labellisés, touchant près 440 000 élèves. Le dispositif poursuit son déploiement avec une quatrième vague de labellisation : 59 nouveaux territoires éducatifs ruraux ont été installés, portant leur nombre total à 261 TER dans toutes les académies. Cette vague concerne 731 écoles, 84 collèges et 30 lycées.
Chaque territoire labellisé bénéficie d’une dotation annuelle de 30 000 euros, accompagnée d’un suivi précis, étape par étape, afin de garantir la conformité des actions menées aux objectifs du projet éducatif de territoire.
Anticiper pour « ne pas subir la démographie »
La baisse des effectifs scolaires est déjà visible et va s’accentuer. 121 600 élèves de moins ont été scolarisés à la rentrée 2025 par rapport à la rentrée 2024. Selon les projections, la diminution atteindra près de 800 000 élèves en moins à la rentrée 2029 par rapport à 2024. Entre 2019 et 2029, la perte cumulée atteindra un million d’élèves.
Djéhanne Gani
