Dans son roman de 1889, Jules Verne mit en scène l’acquisition de la calotte glaciaire arctique par une mystérieuse société américaine. La « North Polar Practical Association » se porta acquéreur de cette partie du globe pour en exploiter les houillères. Comment ? En redressant l’axe de la Terre afin que le soleil réchauffe la glace et autorise l’extraction de charbon. Comment ? Par un coup de canon tiré depuis le Kilimandjaro !
Les élèves s’appuient sur leur expérience du kayak de mer. C’est à travers cette pratique qu’ils étudient la culture groenlandaise. En adoptant les gestes traditionnels, ils essaient de ressentir ce qu’un Inuit peut vivre dans son embarcation au contact de l’eau. Au fil des leçons, les élèves découvrent les subtilités du maniement de la pagaie et du kayak groenlandais. Ils apprennent à se laisser porter par l’eau, à lire les courants, à jouer avec les vagues et à combiner avec le vent. Comme la promotion précédente qui avait déjà produit un slam empruntant le point de vue d’un kayak traditionnel[1], ils acquièrent la conviction que le Groenland, cette « terre humaine » comme l’appelait Jean Malaurie, mérite plus d’être explorée qu’exploitée. Ils essaient à leur tour de jouer les petits ambassadeurs d’un peuple que la modernité a tendance à regarder avec condescendance.
Nicolas Terré
[1] Lien vers le slam produit par les élèves l’an dernier : https://stocad.ac-nantes.fr/index.php/s/3T8Ts46yNMb7jCb?dir=/&editing=false&openfile=true. Cette production a été primée au niveau académique.
