L’entreprise napoléonienne en trois objectifs
L’autrice commence par clarifier le contexte dans lequel Napoléon Bonaparte, « homme de son temps », inscrit son entreprise « de réconciliation et d’ordre ». Des bouleversements de la Révolution française, à la mise en place d’un pouvoir centralisateur, quelques dates clés rappellent comment il est parvenu à « [concentrer] l’essentiel du pouvoir tout en affirmant agir au nom des principes hérités de la Révolution ». Sont ensuite distingués trois domaines à travers lesquels s’est particulièrement déployée l’entreprise napoléonienne.
L’ouvrage explique d’abord comment, en dix ans, Napoléon Bonaparte a doté « d’institutions stables », telles que le Conseil d’état ou la Cour des comptes, et de « réformes fondamentales » la France. « Sans parti pris ni glorification », il va aussi en interroger « les ambigüités : la restriction des libertés individuelles, la régression du statut juridique des femmes, l’effacement des contre-pouvoirs ». Rédaction d’un Code civil applicable à l’ensemble du territoire, création des départements, mise en place d’un « système économique moderne », réforme des institutions judiciaires… autant de « masses de granit », pour reprendre les mots de Napoléon lui-même, voulues pour soutenir le pouvoir politique et organiser les rapports entre les citoyens, et qui, comme le démontre l’ouvrage, continuent d’influencer le fonctionnement de l’Etat.
Deux autres parties, plus rapides, « Encourager l’excellence et valoriser le mérite » et « Urbanisme, société, santé : des héritages méconnus », complètent ce tour d’horizon, évoquant l’importance de l’élitisme dans le système napoléonien, notamment au travers les réformes de l’instruction publique (dont les filles sont pour l’essentiel exclues), ou la modernisation des villes et du système de santé.
Une démarche pédagogique
Fidèle aux principes de la collection, tout au long de l’ouvrage de courtes rubriques « Saviez-vous que …» relancent la curiosité des élèves et prolongent la réflexion.
On y apprend par exemple que Napoléon, souvent présenté dans les caricatures comme de petite taille, en réalité « avec son 1.68 mètre, a une taille moyenne pour son époque » : un exemple de fake news à étudier en EMI ? que « pendant la Révolution, le Consulat et l’Empire, les votes sont inscrits sur des registres publics, ils ne sont ni anonymes, ni secrets » : un fonctionnement à interroger en EMC ? que le premier Conseil des prud’hommes est créé en 1806 par l’Empereur « pour apaiser les tensions entre ouvriers et patrons de la soie à Lyon » : des recherches documentaires à effectuer en Histoire ?…
Les documents iconographiques seront aussi l’occasion, en classe, de découvertes et activités variées, analyse d’image par exemple. Quant au récapitulatif des « grandes dates à retenir », présent en fin d’ouvrage, il permettra de compléter facilement une frise chronologique.
On pourra aussi s’intéresser, en cours de français notamment, au décryptage de certaines citations qui émaillent l’ouvrage et témoignent de l’éloquence napoléonienne : « Arrêter le roman de la Révolution et commencer à écrire l’histoire » ; « Ma vraie gloire n’est pas d’avoir gagné quarante bataille. Ce qui vivra éternellement, c’est mon code civil » ; « Notre pays est aujourd’hui composé de grains de sable, pour réunir ces grains de sable, nous devons jeter sur le sol de France quelques masses de granit »…
Une ressource fort intéressante pour faire découvrir aux élèves un autre Napoléon que le célèbre conquérant ; un Napoléon Chef d’état dont l’« œuvre civile et administrative », reste présente, de manière durable et concrète, dans leur vie quotidienne.
Claire Berest
Napoléon fondateur de l’état moderne Agathe Poirot-Bourdain. Sur le site des éditions NANE.
