Une rentrée sans professeur devant chaque classe
Le constat dressé par le SNES-FSU contraste avec les déclarations optimistes du ministère, relève le syndicat. Selon l’enquête, 53 % des collèges et lycées comptent au moins un professeur manquant à la rentrée. Le chiffre prend en compte les postes fixes, les BMP à l’année et les remplacements de moyenne ou longue durée non pourvus.
« Il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée ! » Pour le syndicat, la situation est particulièrement préoccupante. Des élèves commencent ainsi l’année sans enseignant et pourraient rester plusieurs semaines sans professeur, notamment quand les besoins de remplacement augmenteront au cours de l’année.
Les mathématiques figurent parmi les disciplines les plus touchées. Le SNES-FSU rappelle que 240 postes n’étaient pas pourvus au CAPES externe de mathématiques mais le français, la physique-chimie et l’anglais sont également concernés.
Versailles et Toulouse parmi les académies les plus touchées
Les difficultés sont très variables selon les académies. À Versailles, 70,5 % des établissements déclarent manquer d’au moins un professeur. La proportion atteint 66,7 % à Toulouse, 61,7 % à Nantes, 61,1 % à Créteil et 60 % à Aix-Marseille.
À l’inverse, le manque d’enseignants concerne 23,1 % des établissements à Amiens, 26,3 % à Reims et 31,4 % à Lille. Le SNES-FSU dénonce « une pénurie généralisée », alors que les rectorats ont notamment choisi de ne pas renouveler un nombre important de professeurs non titulaires en CDD.
17 % des établissements manquent d’au moins une AESH
La pénurie touche également les personnels accompagnant les élèves en situation de handicap. 17 % des collèges et lycées déclarent manquer d’au moins un.e AESH : beaucoup d’élèves disposant d’une notification ne bénéficient donc pas de leur accompagnement à la rentrée. Les écarts entre académies sont là encore importants. Le manque d’AESH concerne 30,3 % des établissements à Grenoble, 29,6 % à Nancy-Metz, 26,9 % à Créteil et 25,6 % à Versailles.
Les PsyEN également en nombre insuffisant
La santé mentale, grande priorité nationale, on s’en souvient. Dans les faits et les chiffres : 16 % des établissements ne disposent pas d’au moins un ou une PsyEN. Le SNES-FSU dénonce l’accumulation des missions et le nombre croissant d’élèves à suivre, dans un contexte où la santé mentale est affichée comme une priorité nationale.
Cette enquête est un « une photographie à un instant T » précise la secrétaire générale Sophie Vénétitay. Cette photographie à l’instant T ressemble malgré tout à un cliché fixe, miroir des difficultés de recrutement et de remplacement qui non seulement marquent les rentrées mais jalonnent également l’année scolaire dans certaines académies ou disciplines.
Djéhanne Gani
Rentrée 2025 : des équipes incomplètes dans 73% des collèges et lycées
