Une journée banalisée le 25 septembre 2026
« Journée de classe banalisée, elle revêt un caractère obligatoire pour les élèves comme pour l’ensemble des enseignants et des personnels, au même titre que toute autre journée scolaire ; il revient à chaque chef d’établissement d’en arrêter les modalités pédagogiques. Les sujets abordés et l’organisation retenue permettent de reconnaître la participation des maîtres contractuels et agréés à cette journée comme temps de service ». Pour accueillir le Pape Léon XIV lors de sa venue en France du 25 au 2 8 septembre, le secrétaire général de l’enseignement catholique, Guillaume Prévost, demande aux établissements de banaliser la journée du vendredi 25 septembre, jour de l’arrivée du pape en France. « la journée du vendredi 25 septembre prochain est identifiée comme journée des communautés éducatives dans les établissements catholiques associés à l’État par contrat — journée qui a lieu ordinairement début décembre » écrit-il dans une note adressée le 10 septembre 2026.
« Inadmissible » pour le Comité National d’Action Laïque (CNAL)
« Monsieur Prévost se prend pour le ministre de l’enseignement privé catholique » répond le CNAL (Comité national d’action laïque) au secrétaire de l’Enseignement catholique. Ce dernier n’exerce pas d’autorité hiérarchique sur les établissements, dont les directeurs restent responsables. « C’est inadmissible » pour Marie-Laure Tirelle, la Secrétaire générale du CNAL, membre de l’association regroupant des organisations la FCPE, la Ligue de l’enseignement, l’Unsa Éducation, pour la défense de l’école publique et de la laïcité.
« Ce n’est pas possible d’imposer un choix « pédagogique » à visée religieuse à des enseignants payés par l’argent public. Il faut rappeler que l’enseignement doit être laïque puisque financé par nos impôts ! » alerte-t-elle, dénonçant la pression exercée sur des personnels dépendants des chefs d’établissement pour leur carrière.
Et la liberté de conscience ?
« Cette obligation de présence ne s’accompagne d’aucune obligation de conviction » précise le Secrétaire général de l’Enseignement Catholique. Ce dernier avait fait couler de l’encre après avoir évoqué la prière en cours, il poursuit donc cette logique avec cette proposition de « journée papale », faisant partie du projet éducatif chrétien qu’il se plait à rappeler. Si 96% des établissements privés sous contrat sont en effet des établissements catholiques, rien de moins sûr que le caractère confessionnel soit la motivation première des familles.
Des ressources et des propositions pédagogiques
La note consultée par Le Café pédagogique précise des ressources et des modalités pédagogiques différenciées selon les niveaux. Ainsi pour les élèves du Premier degré sont proposés des « ateliers coopératifs — puzzle géant à reconstituer, composition collective réalisée à partir de l’empreinte de chaque élève et de chaque adulte, colombes de papier ; fresque « qu’est-ce que la paix pour moi ? » ; lecture d’albums jeunesse sur la fraternité entre enfants du monde ; à partir du cycle 2, découverte du Vatican et du rôle du pape ».
Des interrogations sur le temps scolaire
La note prévoit que la participation des enseignants à cette journée soit reconnue comme « temps de service ». Or, dans ces établissements, les enseignements dispensés dans le cadre du contrat avec l’Etat doivent respecter les programmes et les règles de l’Education nationale avec des enseignants rémunérés par l’État. Les temps confessionnels sont facultatifs, l’instruction religieuse comme les activités spirituelles ne sont pas intégrées au service des enseignants.
Pour le CNAL, le temps scolaire ne peut pas devenir un temps consacré à la promotion d’une religion. L’État finance l’enseignement, pas l’évangélisation rappelle-t-il.
Dans une lettre adressée au ministre Geffray jeudi 24 septembre, le député Paul Vannier (LFI) écrit que « dans notre République laïque, aucun temps spirituel ni aucune pratique religieuse ne peuvent être imposés aux élèves ou aux personnels ».
Djéhanne Gani
