Une situation trop fréquente
Pour Aurélie Gagnier, la Secrétaire générale du Snuipp-FSU « cette situation illustre bien ce que nous pouvons vivre régulièrement dans nos classes : manque de moyens et notification de la MDPH non respectée systématiquement ». Les faits médiatisés se sont déroulés le 11 septembre à l’école Jacques-Tati d’Évry-Courcouronnes (Essonne). Une enseignante est intervenue pendant la récréation après avoir vu un élève de 8 ans s’en prendre à un autre enfant. Selon Le Parisien, l’enfant lui aurait alors lancé : « je vais te tuer, je vais t’égorger ». Un mouvement de grève a été lancé dans l’école pour dénoncer la situation.
Les précisions du ministre
Édouard Geffray a apporté des précisions jeudi 24 septembre, lors d’un déplacement à Créteil : l’élève présente un « handicap très lourd » et des « troubles psychologiques extrêmement sérieux ». Il a « explosé de colère » et « commis des actes et tenu des propos inqualifiables ». Le ministre a toutefois contextualisé les faits : « on n’est pas dans l’hypothèse d’un enfant qui, en pleine connaissance de cause et d’une manière consciente, aurait voulu agresser un professeur ».
Une place en institut spécialisé attendue depuis deux ans
« Des situations comme celles-ci, il y en a plein : pas d’AESH, pas de soutien RASED car pas de RASED, pas de place en ULIS, pas de formation, pas de place au CMP ou CMPP, pas de place en IME » explique Aurélie Gagnier en enfonçant le clou. Elle exprime sa non-surprise et poursuit sur le sentiment et le quotidien de la profession qui se démène pour faire vivre l’inclusion sans moyen : « la plupart du temps, nous endurons et tentons de faire au mieux pour l’élève, pour les autres élèves et pour nous-mêmes »
En effet, les propos de la Secrétaire générale du Snuipp-FSU sont confirmés par le ministre qui a précisé que l’enfant dispose d’une notification pour une orientation en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). Selon Libération, la famille attendait une place depuis deux ans. Le ministre Geffray a indiqué avoir demandé au recteur de l’académie de Versailles et au directeur général de l’Agence régionale de santé de trouver en urgence, « dans les heures ou jours qui viennent », une place d’accueil en structure spécialisée.
Les mesures annoncées pour l’école
Édouard Geffray a précisé que « la professeure ne peut évidemment pas le reprendre comme si rien ne s’était passé ». Dans l’attente d’une solution, des enseignants spécialisés de la circonscription ont été mobilisés pour apporter un appui pédagogique. Le ministre a aussi précisé que des recrutements d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) étaient en cours dans le département, avec une priorité d’affectation pour le groupe scolaire Jacques-Tati. Mais combien d’établissements, combien de professeur.es auraient besoin d’un recrutement en urgence ?
Djéhanne Gani
