13 % ne bénéficient d’aucune heure d’école chaque semaine
L’enquête menée auprès de 38 associations du réseau Unapei, représentant 3 603 enfants de 3 à 16 ans, met en lumière une scolarisation largement insuffisante. Parmi eux, 13 % ne bénéficient d’aucune heure d’école chaque semaine, et 38 % ont moins de 6 heures de scolarisation hebdomadaire. Seulement 19 % accèdent à plus de 12 heures par semaine, loin des standards d’un parcours scolaire normal.
65 % des enfants ne possèdent pas de numéro INE
Autre fait marquant : 65 % de ces enfants ne possèdent pas de numéro INE, ce qui signifie qu’ils sont totalement invisibles dans les statistiques de l’Éducation nationale.
38 % disposent d’une aide humaine individualisée (AESH)
La situation est tout aussi préoccupante pour ceux scolarisés en milieu ordinaire. Sur 1 462 enfants concernés dans 30 associations, seuls 38 % disposent d’une aide humaine individualisée (AESH). Et parmi ceux qui ont cette aide, 27 % ne l’ont que temporairement, en attendant une place en structure spécialisée comme un IME ou une classe ULIS.
« Des promesses, il y en a. Des chiffres positifs aussi – 519 0001 en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire à la rentrée 2024. Mais derrière, combien n’ont que des “bouts” de solution ? Combien sont en errance, ou sans solution du tout ? » demande Luc Gateau, le président de l’Unapei.
L’inclusion affichée vs la réalité des chiffres
Il dénonce les promesses du gouvernement, dont les chiffres « révèlent les limites d’un système en tension, où les suppressions de postes spécialisés, les difficultés de recrutement, la formation insuffisante des enseignants et des AESH ». Pour lui, les données et les chiffres de l’inclusion « viennent contrer les objectifs affichés » du gouvernement.
Plus de 4 400 enfants sont sur liste d’attente
À ces chiffres s’ajoute une donnée : plus de 4 400 enfants sont sur liste d’attente pour accéder à une structure adaptée, soit davantage que ceux actuellement accompagnés par les dispositifs de l’Unapei.
Pour Luc Gateau, « l’école inclusive ne doit pas devenir un dogme ». Il alerte : « Ce qui compte, c’est que chaque enfant ait une solution réellement adaptée à ses besoins – qu’elle soit en école ordinaire ou en établissement spécialisé. »
En l’absence de réponses concrètes et adaptées, ce sont des parcours scolaires brisés, des familles à bout de souffle, et des droits fondamentaux bafoués. La promesse d’une école pour tous est loin d’être une réalité.
Djéhanne Gani
