83 % des professeurs constatent une augmentation de leur charge de travail, selon une enquête de la FEP-CFDT. Le baromètre Ifop réalisé pour le syndicat met en lumière un profond malaise chez les enseignants du privé sous contrat. Charge de travail accrue, épuisement mental, manque de reconnaissance : les résultats font écho à ceux relevés dans le baromètre de l’Unsa Éducation pour le public. Enseignants du privé et du public partagent un constat : leurs conditions d’exercice se dégradent, tandis que les ambitions et annonces ministérielles ne sont pas suivies de moyens concrets.
Près d’un personnel sur deux estime que son travail a un impact négatif sur sa santé mentale.
Les enseignants du privé constatent des conditions de travail dégradées et une perte de sens. 83 % des professeurs interrogés constatent une augmentation de leur charge de travail, 73 % disent manquer de temps pour corriger et préparer leurs cours sans empiéter sur leur vie personnelle, et 45 % affirment que leur santé mentale est affectée par leur travail. Si 86 % disent trouver du sens et de l’épanouissement dans leur mission, un quart envisagent néanmoins une reconversion.
Une alerte sérieuse, qui rejoint les chiffres préoccupants observés dans l’enseignement public. Plus de la moitié disaient vouloir changer de métier au cours des prochaines années, notamment à cause de salaires trop bas (à 87,2 %) et des conditions de travail.
Un fossé grandissant entre objectifs affichés et réalité du terrain
Pour Valérie Ginet, la secrétaire générale FEP « sans moyens, les ambitions resteront des déclarations vides, voire injustes ». Alors que la circulaire de rentrée affiche des ambitions fortes — inclusion, mixité sociale, élévation du niveau — la FEP-CFDT déplore l’absence de moyens à la hauteur. Dans le privé sous contrat, les carences sont nombreuses : médecine scolaire quasi inexistante, inégalités d’accès aux psychologues scolaires, manque d’accompagnement pour les élèves en situation de handicap. Le syndicat rejette également la réforme du « Choc des savoirs », perçue comme une mesure de tri social qui nuit à la liberté pédagogique.
Inquiétude pour l’enseignement de la vie affective et sexuelle (EVARS)
La généralisation de l’EVARS, censée assurer au moins six heures d’enseignement par an pour chaque élève, soulève de nombreuses inquiétudes. Aucun créneau n’est prévu dans les emplois du temps, aucun moyen humain ou horaire n’est alloué, et le flou demeure sur les modalités de mise en œuvre.
Comme le SNES, la FEP-CFDT s’interroge sur l’application dans les réseaux confessionnels, où certaines orientations pourraient s’éloigner des programmes officiels pour véhiculer des visions non conformes aux valeurs républicaines. Le syndicat appelle à une vigilance accrue pour garantir un enseignement respectueux des droits de tous les élèves.
Djéhanne Gani
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