Les propositions
Voilà la question posée par l’ancien Premier ministre François Bayrou : « Comment mieux structurer les différents temps de la vie quotidienne des enfants afin qu’ils soient plus favorables à leurs apprentissages, à leur développement et à leur santé ? »
Les « rythmes scolaires sont inadaptés aux rythmes biologiques des enfants » estiment les membres de la convention. Une des propositions remet la semaine de 5 jours dans le Premier degré. Ce point place au centre des débats une exception française mais rappelle aussi la tentative de réforme Peillon de 2013-2014. Celui-ci avait rétabli la semaine de quatre jours et demi, mais la plupart des écoles y ont renoncé dès 2017. Aujourd’hui, 90 % des communes fonctionnent de nouveau sur quatre jours.
Quelles réponses à la question et au diagnostic posés pour le Second degré ? Début des cours à 9h, séances de 45 minutes, fin des cours plus tôt dans l’après-midi, des activités et apprentissages théoriques le matin et des activités pratiques l’après-midi, effectifs réduits de classe, deux zones de vacances, rénovation du bâti scolaire.
Le nombre de questions soulevées est révélateur de sujets qui s’enchevêtrent. Ils ont pointé la nécessité de coordonner les acteurs et l’accompagnement à la parentalité.
« Une sortie potentielle des arts plastiques, de l’éducation musicale et de l’EPS du cadre national des enseignements »
… qui font débat
« Une organisation du temps scolaire qui fixerait des cours dits « théoriques » le matin, des activités « pratiques » l’après-midi suivies d’activités culturelles, artistiques et sportives après 15h30, avec l’appui d’associations et des collectivités territoriales, ouvre la porte à une sortie potentielle des arts plastiques, de l’éducation musicale et de l’EPS du cadre national des enseignements » alerte le Snes-FSU. Le principal syndicat du Second degré y voit un risque d’externalisation qui creuserait les inégalités territoriales et sociales. Il annonce une opposition « à toute forme de décentralisation des enseignements, que ce soit à travers le renvoi au local de l’organisation de l’après-midi, ou à travers une diversité des acteurs et financements »
Le Snep-FSu, syndicat des professeurs d’EPS estime que « ce rapport montre aussi la terrible déconnexion de certaines propositions, notamment en termes d’organisation pratique. Grâce à son enquête « Gymnase Score », réalisée en 2025, le SNEP-FSU possède des chiffres tangibles sur l’accès aux installations sportives qui reste largement insuffisant (49 % des établissements sont en situation d’urgence) ».
« Plus que des nouveaux rythmes, l’urgence est de donner des moyens à l’Ecole » déclare le Snuipp-FSU dans son communiqué de presse publié dimanche 23 novembre.
Si le président Macron avait mis l’accent sur la question des vacances, la convention citoyenne ne remet pas en question leur rythme et durée.
Et ne doit pas masquer les réelles difficultés de l’Ecole
Enfin cette « convention Macron » est accusée de détourner l’attention de la crise profonde que traverse l’école publique, tout en ouvrant la voie à de nouvelles réformes affaiblissant encore le statut des enseignants. Le rapport apparaît alors que le budget 2026 prévoit plusieurs milliers de suppressions de postes.
Sur le terrain, les difficultés se multiplient : classes surchargées, fermetures de classes, manque de remplaçants et d’AESH, RASED affaiblis, absence de médecins scolaires, pénurie de structures spécialisées, inclusion contrainte d’élèves sans solution, charge de travail alourdie, incivilités en hausse… dans un contexte de salaires gelés. L’ensemble traduit une dégradation continue des conditions de travail, déjà accentuée par le budget 2025 et menacée de s’aggraver encore en 2026. « La quasi-totalité des mesures nécessite une évaluation d’impact sur les personnels, aujourd’hui sous-payés, sur-sollicités et dont les conditions de travail ne permettent tout simplement pas d’envisager des transformations de cette ampleur. Sans revalorisation, comment obtenir l’adhésion indispensable des équipes ? » résume le Se -Unsa.
Djéhanne Gani
