Des mises en scène vivantes
Pour raconter les exploits d’Hercule, les deux autrices, Emilie Balavoine et Marie Platon, ont opté pour un dialogue vivant et plein de fantaisie mettant en scène, à la fin du IIIe siècle après J.-C, deux protagonistes fictifs, Marcus Bruttius Saluius, intendant de la villa de l’Empereur César Maximien (bien réel quant à lui), et le légat Caius Maius Structor. Marcus a entrepris, en l’honneur de son maitre, de décorer la grande salle à manger de la villa d’Aconius près de Toulouse, de marbres représentant les douze travaux d’Hercule. Un héros auquel l’Empereur s’identifie tant, qu’il en a adopté le nom pour devenir Maximien Hercule. Une visite guidée s’organise avant l’arrivée du propriétaire… On décrit, on commente, on admire, on discute… Se dessine ainsi, au passage, l’occasion d’évoquer aussi avec les élèves l’art de la statuaire… et de l’ekphrasis ! Mais il n’est plus temps de parler : « Imperator cum magno comitatu ad uillam appropinquat » (l’empereur approche de la villa avec sa grande suite)…
L’atmosphère choisie par Angélique Nouvel est, elle, beaucoup plus sombre. Alors que Troie est en flammes, Hécube et Andromaque sont réfugiées dans « une partie reculée du palais », veillant sur Polyxène, la jeune sœur d’Hector, et son fils Astyanax, qui s’endort dans les bras de sa mère. Il est temps pour la vieille reine Hécube de révéler à ses deux compagnes d’infortune « la véritable histoire de Troie », celle que lui a livrée Priam son époux. Car la malédiction qui pèse sur la cité d’Ilion remonte bien plus loin qu’on ne le croit … Peu à peu les souvenirs reviennent… On oublie le présent et la peur … Les jeunes visages de Polyxène et Astyanax sont remplis de promesses… Mais bientôt ressurgit le réel et les cris se rapprochent inexorablement. Que va-t-il se passer ? « Oἱ δέ θεοί πρὸoρῶσι μόνοι » (seuls les dieux le savent). Un récit funèbre qui devrait résonner fortement en chaque élève.
A chacun·e selon son rythme
Conformément au cahier des charges de la collection, les deux ouvrages sont composés de deux parties. La première, bilingue, met en regard le texte latin ou grec et sa traduction française. Elle est accompagnée de prolongements variés qui, partant du texte latin ou grec, invitent à aller « vers le français », pour découvrir un point d’histoire, de civilisation, mythologie, littérature … : l’organisation administrative de la Gaule romaine, la polysémie du mot hydre, l’origine de l’héroïne éponyme de la série Xena, la guerrière dont les astronomes donnèrent aussi le nom en 2005 à la « dixième planète après Pluton », l’étrange notion de καιρός… La seconde, unilingue, nécessite une maitrise plus solide de la langue latine ou grecque, mais reste accessible. On y trouve plutôt des remarques concernant la langue : points de grammaire, notes de vocabulaire et d’étymologie.
Cette double présentation permet de varier facilement le rythme de lecture entre déchiffrage rapide et traduction fine. Elle a aussi le grand avantage de faciliter des approches et activités pédagogiques différentes en fonction du niveau des élèves, de débutant à (plus ou moins) confirmé. A chacun·e de s’en emparer et d’en jouer !
Claire Berest
A découvrir aussi dans la même collection : De indomita Antigona / Antigone, l’insoumise, de Marella Nappu, Ἀλέξανδρος Τὸ βασιλέως γένος /Alexandre La naissance d’un roi de Nelson Horn, et le dernier né : Ὁ Πάτροκλος ἐν τῇ τοῦ Ἀχιλλέως σκιᾷ / Patrocle dans l’ombre d’Achille d’Adrien Bresson, Sandrine Coin-Longeray, Maëlie Charue, Lisa Durandeau-Gedon, Dorian Flores et Armand Naudin.
