Une offensive réactionnaire décomplexée
Le constat des organisations syndicales est sans appel : les violences s’intensifient, qu’il s’agisse de menaces sur le financement du planning familial, d’agressions physiques ou du harcèlement des militants. L’intersyndicale dénonce une haine attisée par des responsables politiques et des médias d’extrême droite. Elle pointe notamment du doigt l’adoption récente en première lecture de la Loi Rodwell, un texte qui « menace de précariser gravement les personnes trans et étrangères par des obstructions administratives et un fichage systémique ». Pour les syndicats, « les discours de haine sont de plus en plus décomplexés » et bloquent l’accès à l’emploi, au logement ou à la filiation.
La réalité du sexisme et de l’homophobie au travail
Chiffres du Rapport 2026 de SOS Homophobie à l’appui, le communiqué rappelle que le lieu de travail est le quatrième espace de discrimination en France. L’hostilité vient d’abord de l’entourage professionnel immédiat, puisque ces actes sont commis à 63 % par des collègues et à 49 % par la hiérarchie. Insultes, moqueries et rejets brisent les carrières et les vies, poussant 42 % des victimes vers un « mal de vivre profond ». Voir son identité respectée « n’est ni un caprice ni une mode, c’est un droit fondamental reconnu comme une composante essentielle de la dignité humaine ».
Des services publics abîmés, une jeunesse ciblée
L’intersyndicale élargit sa critique à la casse des services publics, qui fragilise encore plus les personnes vulnérables, notamment dans les parcours de santé. Les syndicats s’inquiètent particulièrement du climat hostile qui s’installe dans les écoles, sous la pression de collectifs d’extrême droite comme Parents Vigilants. Ils déplorent que l’éducation à la sexualité soit aujourd’hui devenue « un symbole systématiquement attaqué par les mouvements réactionnaires », alors qu’elle constitue le meilleur rempart contre les préjugés.
Passer de la parole aux actes : les syndicats exigent des comptes
Pour briser cette spirale, l’intersyndicale rappelle les employeurs à leurs obligations légales de sécurité et réclame un plan d’action d’urgence pour l’ intégration de la lutte contre les discriminations dans les négociations annuelles, des formations obligatoires et le « respect immédiat du prénom et des pronoms d’usage dans toutes les entreprises et administrations ». Soucieux de protéger les plus précaires, notamment les personnes migrantes, les syndicats appellent à la solidarité ouvrière contre l’extrême droite qui « prolifère en exacerbant les clivages pour diviser les travailleurs et travailleuses ».
Djéhanne Gani
Le communiqué
