Bonnes nouvelles, mauvaises nouvelles
Pour les bonnes nouvelles, en une phrase la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) résume d’entrée de jeu « qu’au niveau national, en sixième, les performances des élèves restent supérieures à celles observées à la rentrée 2017, lors de la première évaluation de début de sixième. Entre 2017 et 2025, la proportion d’élèves augmente dans les groupes les plus performants dans les deux disciplines évaluées ».
Pour les mauvaises nouvelles, elle précise qu’ « en quatrième, en français, le score moyen est en recul par rapport à 2023, année de la première évaluation de début de quatrième, et la proportion d’élèves dans les groupes les moins performants augmente ».
En réalité, comme toutes les autres études du même genre, ces évaluations indiquent des écarts conséquents entre les collèges privés sous contrat et les collèges publics, entre les groupes les plus performants et les moins, entre les filles et les garçons et aussi entre les villes et les zones rurales. Les écarts entre les élèves de REP+ et les autres montent à 35 points en maths en 6e sur un score moyen de 250 points.
Le privé progresse davantage depuis 2017
En 6e, 45.9% des collégiens du privé sous contrat se situent dans les deux groupes les plus performants en français (sur les 6 que comptent les tests). Ils étaient 40% en 2017.
En 2025, ils sont 32% dans les deux groupes les plus performants en 6e venant des collèges publics hors éducation prioritaire contre 29.3% en 2017. En REP+,12.5% en 2025 contre 9.4% en 2017. Dans un tableau où sont très bien détaillés la compréhension de l’écrit et de l’oral, le lexique et l’orthographe, les élèves dits « à besoin » sont plutôt rares dans les établissements privés, soit moins de 10% en 6e contre 38% en REP+. Ces mêmes écarts s’observent en mathématiques et dans les autres niveaux du collège. Ces chiffres sont à mettre en relation avec les écarts d’IPS des établissements.

La DEPP modère et signale que « ces évaluations ne constituent pas un balayage exhaustif des programmes ». Les évaluations internationales PISA, PIRLS, TALIS, TIMSS ou même CEDRE sont plus poussées sur les acquis des élèves. Rappelons que ces tests standardisés sont passés en début d’année et que leur contenu est quasiment identique tous les ans. Il y a quand même de quoi s’inquiéter sur les écarts en français. En 2025 en 6e, « la part des élèves les moins performants est inférieure de 3,7 points à celle de 2017 et celle des plus performants est supérieure de 3,5 points ». En 4e, les plus performants sont moins nombreux en 2025 qu’en 2023. Même dans le privé sous contrat, les compétences orthographiques baissent avec le temps, ici entre la 6e et la 4e. Ils sont plus de 16% dans le groupe avec besoins contre 10% en 6e. En REP+, seuls 21% ont un niveau satisfaisant en orthographe en 4e en 2025.
En mathématiques aussi il y a « une grande dispersion des résultats » même si des progrès sont notables « la part des élèves les moins performants augmente de 1,7 point et celle des élèves les plus performants de 3,8 points ».
« À niveau social équivalent, des différences de taux de performance apparaissent selon le type de commune : les élèves scolarisés dans des communes rurales obtiennent en moyenne des résultats légèrement plus élevés, notamment en mathématiques », relève la DEPP. On retiendra aussi que les communes rurales sont désormais très évoquées dans les notes ministérielles…
Djéhanne Gani
Euzeby T., Jabri K., Lacroix A., Valdenaire B., Ballereau M.-A., Hick M., de Monestrol H., Leourier G., Marin N., Maury S., Paillet V., Philippe C., 2026, « Évaluations exhaustives de début de sixième, de cinquième et de quatrième 2025 en français et en mathématiques », Note d’Information, n° 26-21, DEPP. https://doi.org/10.48464/ni-26-21

