Un sujet de série générale bien lisse
La sous-épreuve d’histoire-géographie pour la série générale était consacrée pour 15 points à de la géographie, pour 25 à de l’histoire.
Côté géographie, une analyse de documents proposait d’analyser deux documents sur le thème des « Espaces de faible densité et leurs atouts ». Le document 1, une affiche publicitaire pour le parc naturel régional du Morvan, en région Bourgogne-Franche-Comté, a sans doute soulagé les candidats, tout en faisant soupirer leurs enseignants. C’est en effet une photographie très basique dans sa composition, accompagnée d’un slogan transparent. Un paratexte venait même expliciter la genèse de la campagne publicitaire, mettant en évidence les différents acteurs ayant concouru à cette campagne promotionnelle.
Pas de carte donc, ni de série statistique ou de graphique, dont les méthodes d’analyse sont pourtant travaillées tout au long du cycle 4 en géographie. Le document 2, un texte extrait d’un article paru dans le journal Libération, mettait quant à lui l’accent sur la filière des sapins de Nordmann et l’enjeu de l’obtention d’une indication géographique protégée afin de valoriser son mode de production écoresponsable.
Côté questions, le bât blesse, d’autant plus que sur les cinq réponses attendues, trois doivent être « courtes », c’est-à-dire tenir en « un mot, une expression ou une citation de texte ». On peut regretter que soit désormais explicitement mentionnée cette manière de procéder, qui ne facilite pas nécessairement une réponse juste de la part du candidat en plus de dissuader de l’envie de rédiger de manière argumentée. L’argumentation n’est en effet attendue que pour les questions 4 et 5, celle-ci étant la seule à croiser les deux documents entre eux. Très ouverte, elle était aussi la seule à inviter (implicitement cette fois) les candidats à mobiliser leurs connaissances personnelles pour leur réponse.
En complément, un exercice sur 7 points demandait aux élèves de compléter des dates en dessous d’un événement cité puis de les relier à une frise chronologique. On demandait ensuite aux élèves de dater la Première Guerre mondiale sur cette même frise et enfin de nommer un événement important de la Seconde Guerre mondiale.
La partie EMC comptait enfin pour 20 points, divisés en 4 questions type « réponse courte » (voir plus haut) et une dernière appelant à une petite rédaction de 6-8 lignes. Rien de bien difficile et l’on pouvait, comme l’an dernier, réaliser l’épreuve sans forcément recourir à des connaissances personnelles très poussées.
Un sujet de série professionnelle plus poussé vers la rédaction
Comme avec la série générale, le sujet de série professionnelle n’allait pas très loin dans le travail des compétences, invitant les candidats à prélever des informations de deux documents portant sur les dynamiques territoriales de la Lozère, sans donner de justification. Les apports extérieurs étaient limités à la question 5, dont la longueur de rédaction était envisageable en « 3 lignes ».
En histoire, l’effort sur le développement construit a été, comme en série générale, renforcé en termes de points (18) et d’exigences rédactionnelles (20 lignes au lieu de 15 en 2025). Une banque de mots pouvait aider les candidats à structurer leur pensée, de même qu’un curieux tableau d’« Aide à la réalisation du développement construit », touffu, pas très clair, qui a sans doute « autant pu aider les candidats que les perdre, compte tenu que les éléments d’attendus qui y sont mentionnés sont en réalité des compétences que les enseignants travaillent déjà avec leurs élèves tout au long de l’année », précise Louise Verdelet, enseignante en lettres-histoire en lycée à Melun. Comme pour la série générale, une frise chronologique à compléter venait conclure l’épreuve.
L’EMC ne devait normalement poser que peu de problème aux candidats, compte tenu des questions formulées très simplement et des deux documents proposés à l’étude. Louise Verdelet souligne toutefois une question 6 « dont la consigne, en deux temps, pouvait poser quelques difficultés aux candidats, d’autant plus que l’exigence rédactionnelle dans le compartiment de l’histoire était renforcée cette année. »
Un signal ambigu pour les enseignants
Les sujets des séries générale et professionnelle du brevet 2026 suivent une même ligne : renforcer la place de la rédaction dans le volet historique, au détriment, parfois, d’une véritable mobilisation des compétences disciplinaires en géographie et en EMC. Cette orientation, si elle part d’une intention compréhensible, interroge sur la cohérence globale de l’épreuve : les réponses courtes, désormais explicitement encouragées dans l’analyse de documents, contredisent l’effort de structuration que l’on exige par ailleurs dans le développement construit.
Corentin Huneau
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