France-Espagne au même niveau
Les résultats de l’enquête PISA 2025 sont connus depuis ce mardi 8 septembre et sont sans appel. Depuis un quart de siècle la France participe à cette étude qui porte sur les connaissances, les compétences et les attitudes des élèves de 15 ans. Comme 2022, les résultats en mathématiques des élèves français sont en baisse. « Les résultats sont significativement inférieurs à ceux observés dix ans auparavant, lors de PISA 2015 », indique l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Pour rappel, l’OCDE regroupe 38 pays dotées d’une économie de marché ouverte et d’un régime démocratique stable.
Le score des élèves français passe de 474 à 458 en trois ans, soit une baisse de 16 points. La moyenne des pays de l’OCDE baisse quant à elle de 9 points. En 2012, la France réalisait un score en maths de 495 points… La France se retrouve au même niveau que l’Espagne et la Croatie. Les premiers du classement sont les pays asiatiques tels la Chine, (score de 612), Singapour (563) et le Japon (525). Concernant la Chine, l’étude porte sur seulement 4 provinces. L’étude n’est pas représentative pour ce pays. Il est à noter que l’Allemagne obtient 6 points de plus que la France en baissant toutefois de 11 points. L’Estonie atteint les 508 points.
Seulement 5% des élèves sont « très performants »
En France, « le pourcentage d’élèves très performants diminue au fil du temps en mathématiques », soulignent les spécialistes. 36% des élèves français sont peu performants et seulement 5% très performants. Concrètement, 64% des élèves atteignent au moins le niveau 2 en mathématiques sur les 6 possibles, ce qui en laisse beaucoup de côté. Par niveau 2, l’OCDE entend « savoir interpréter et reconnaître, sans instruction directe, la manière de représenter mathématiquement une situation simple ». L’étude relève que la performance a baissé chez les élèves favorisés. La part des élèves en difficulté augmente encore en France entre 2022 et 2025, passant ainsi de 29 % à 36 %.
Seuls 5% des élèves atteignent les deux meilleurs niveaux de l’évaluation PISA. La moyenne de l’OCDE est de 8%. Ces bons élèves en maths savent « modéliser des situations complexes et sélectionner, comparer et évaluer des stratégies adaptées de résolution de problèmes. Par rapport à 2015, la proportion d’élèves peu performants a augmenté de 12 points en mathématiques », précise le rapport. La France est l’un des pays où la différence de résultats entre les élèves très favorisés et les élèves très défavorisés est la plus marquée.
La DEPP en France a sorti aussi son analyse ce mardi 8 septembre. « En France, les garçons ont des performances supérieures à celles des filles en culture mathématique. En 2025, les garçons obtiennent un score moyen de 464 points, contre 451 points pour les filles, soit un écart de 13 points, dans la moyenne de l’OCDE. Cet écart est stable en France depuis 2022. En trois ans, le score des filles baisse de 18 points en France (11 points dans l’OCDE) et celui des garçons de 15 points (7 points dans l’OCDE). Dans la majorité des pays de l’OCDE, les performances des garçons sont supérieures à celles des filles en culture mathématique. Toutefois, en Grèce, Israël, Slovénie, Suède et Finlande, les écarts entre filles et garçons ne sont pas significatifs ». Des modèles à suivre ?
Petite parenthèse : en ne comptant que les élèves en seconde GT, la DEPP obtient un score de 493 compte 458 déclaré par PISA.
La baisse du score français s’inscrit dans un contexte de réformes successives depuis 10 ans à l’école et au collège. Cycles, programmes, fondamentaux, brevet des collèges…
L’OCDE relève aussi que « seul un élève sur deux déclare en France que son professeur s’intéresse à l’apprentissage de chaque élève ». Ils sont 69% en moyenne parmi les autres pays. En France, 61% des élèves indiquent que l’enseignant poursuit ses explications jusqu’à ce que les élèves comprennent, contre 66% dans les autres pays.
Mais tout n’est pas de la faute des profs, ouf ! Le soutien parental est une partie importante de l’enquête. « Le soutien familial joue un rôle important dans l’apprentissage », écrit l’OCDE. Malheureusement ce soutien s’affaiblit entre 2022 et 2025. De moins en moins d’élèves sont interrogés par leurs parents sur ce qu’ils ont fait à l’école (le score passe de 74% à 63%). Il en est de même concernant l’orientation, les centres d’intérêt à l’école et les problèmes scolaires rencontrés. « Les filles et les élèves les plus favorisés selon l’indice PISA de statut socio-économique et culturel déclarent un soutien familial respectivement plus important que les garçons et les élèves défavorisés », conclut la DEPP.
Julien Cabioch
