Baisse en compréhension de l’écrit des garçons de milieux favorisés
C’est l’un des résultats à regarder de près. En compréhension de l’écrit, l’écart entre filles et garçons atteint désormais 32 points en France, soit 12 de plus qu’en 2022. En mathématiques et en sciences, les écarts restent globalement stables. Les tâches qui demandent le plus de réflexion, et celles qui reposent sur la compréhension de textes plus longs, sont particulièrement difficiles pour les garçons. La baisse des résultats concerne les garçons issus de milieux favorisés.
PISA fait également apparaître une baisse du plaisir de lire. Sans établir de lien de causalité, ces résultats posent la question du rapport des adolescents à la lecture : que lisent-ils, combien de temps et comment maintenir leur attention face à un texte long et complexe ? L’enjeu dépasse donc la seule fluence. Il touche à la compréhension, à la concentration et à la capacité à maintenir un effort de lecture.
Des élèves qui peinent à organiser leur travail
Le rapport aux apprentissages constitue un autre point d’attention. Les élèves français déclarent davantage de difficultés à maintenir leur effort lorsque le travail devient difficile, à se concentrer, se fixer des objectifs ou à demander de l’aide. Seul environ un élève sur trois déclare savoir organiser et planifier son travail.
L’autonomie apparaît ainsi comme un apprentissage à part entière, elle ne consiste pas seulement à laisser davantage de liberté à l’élève, mais à lui apprendre à organiser son activité, à persévérer et à identifier ses besoins.
Le soutien des familles chute
Le recul du soutien parental est l’un des chiffres les plus spectaculaires de PISA 2025. La proportion d’élèves déclarant que leurs parents leur demandent chaque semaine ce qu’ils ont fait à l’école passe de 74 % en 2022 à 63 % en 2025. Pour les discussions régulières sur les difficultés scolaires, la baisse est encore plus forte, passant de 48 % à 34 %.
Cette évolution concerne les différents milieux sociaux et aussi bien l’enseignement public que privé. Elle ne permet pas de conclure à un désintérêt des familles pour l’école. Les modes de vie, les contraintes et les préoccupations familiales évoluent. Mais le résultat pose une question importante : comment maintenir le lien entre les familles et les apprentissages ?
Moins d’un élève sur deux perçoit son enseignant comme attentif
Le lien avec les enseignants constitue un autre point de vigilance. En sciences, 54 % des élèves français déclarent que leur enseignant s’intéresse à leur apprentissage, contre 69 % en moyenne dans l’OCDE. Attention, ce résultat doit être mis en regard des conditions d’exercice du métier en France avec des programmes chargés, des temps de cours importants, des classes hétérogènes et un manque de temps pour différencier les apprentissages.
Les élèves apprennent mieux avec des enseignants qu’ils apprécient. Mais encore faut-il que ceux-ci disposent du temps et de la formation nécessaires pour connaître leurs élèves, suivre leurs progrès et adapter leurs pratiques.
Quelles pédagogies font progresser ?
C’est l’une des questions que les résultats de PISA devraient permettre de poser davantage. Le débat éducatif se concentre souvent sur les programmes, les horaires ou l’organisation scolaire. Les données invitent aussi à regarder ce qui se passe dans la classe : quelles pratiques améliorent la compréhension des textes ? Comment faire progresser les élèves en mathématiques ? Comment apprendre à travailler et à persévérer ?
La formation des enseignants constitue ici un levier. Les données de Talis complètent celles de PISA en documentant les conditions de travail, la formation initiale et continue et le climat scolaire.
Transformer la motivation en apprentissages
PISA apporte enfin un élément plutôt encourageant : 81 % des élèves français pensent que leur intelligence peut se développer, contre 69 % en moyenne dans l’OCDE. Les élèves français disposent donc d’un niveau élevé de confiance dans leur capacité à progresser. Mais cette disposition ne se traduit pas automatiquement dans les résultats. Lecture, concentration, organisation du travail, soutien familial, relation avec les enseignants : les résultats dessinent plusieurs conditions nécessaires aux apprentissages.
Ce que dévoile PISA 2025 n’est donc pas seulement une enquête internationale sur le niveau des élèves, mais aussi sur les conditions qui permettent de transformer leur envie de progresser en apprentissages effectifs…. Derrière la question des moyennes, il y a aussi celles des moyens.
Djéhanne Gani
