Camille skate, de Laurent Moreau, Ed. Helium
Depuis qu’elle a vu des skateurs dans un centre commercial, Camille, 7 ans, ne pense plus qu’à ça. Devant son bol de céréales, dans ses rêves, dans la salle de bain, dans ses livres de classe comme au musée où elle s’imagine glisser sur la vague d’Hokusaï… Dans la rue, tout l’incite à imaginer des figures : marche, rampe, pente et même le toit des immeubles… « La ville devient un inépuisable terrain de jeu à explorer ». Le papa, ancien skatteur, comme Lou, sa meilleure amie, accompagnent cette passion. Et lorsqu’il lui propose d’aller découvrir un nouveau skate parc à l’autre bout de la ville avec sa copine, c’est vraiment le bonheur. Sauf qu’en arrivant, ça fait quand même un peu peur !
Une histoire du quotidien, tout en couleurs fluo, réjouissant par son graphisme directement inspiré (dit l’auteur) de sa propre pratique du skate, et par le choix d’une enfant qui se trouve une passion sportive engageante, plutôt genrée, dans laquelle elle peut s’épanouir, notamment grâce au soutien des parents et de l’amitié qui permet d’oser se lancer. Glisser, cheveux au vent… quel plaisir ! (même si nos loulous, eux, mettront un casque, bien sûr !)
Camille, le chat et le violoncelle, de Vincent Cuvelier, ill. Maguelone du Fou, Ed. Gallimard Jeunesse
Un conte musical dont on peut profiter grâce au CD inséré dans la 3e de couverture ou en scannant le QRCode, et dont il faut aussi préciser que la mise en musique est de Lucas Debargue accompagné par Camille Thomas et Valentine Michaud, l’histoire étant racontée par Constance Rousseau.
Camille, donc, joue du violoncelle. Toute petite, elle a découvert cet instrument qui, sûrement « lui a murmuré des choses ». Et dans sa chambre, c’est comme si tous les objets se serraient pour laisser toute la place à Camille et son violoncelle et « à la musique qu’ils créaient ensemble ». Mais ce jour-là, pour la première fois de sa vie, Camille n’arrive pas à jouer, l’instrument semblant soudain un « objet en bois inanimé ». Depuis toujours Camille a préféré le violoncelle à bien d’autres choses…
C’est alors qu’on comprend que le narrateur est ce chat noir, pourtant en bonne place dès le début du livre ! Camille va le suivre sur le toit, hissant son violoncelle et, tout là-haut, les yeux fermés, insensible aux grincheux qui ont râlé, retrouver le plaisir de jouer, longtemps, jusqu’au moment où toutes les fenêtres s’ouvrent et où les applaudissements jaillissent du fond des appartements et des cours. Le lendemain, de toit en toit, avec son violoncelle elle rejoint le plus beau musée du monde et cherche un tableau. Et quand elle joue, même les statues se réveillent.
Les illustrations sur les toits de Paris et le Louvre sont un voyage que la musique accompagne avec bonheur : pour découvrir le pouvoir immense et lumineux de la musique.
Marianne Baby
