Piloter par la qualité ou la comptabilité ? La DEPP prévoit une baisse significative des effectifs d’élèves dans les écoles primaires et secondaires d’ici 2029, avec des disparités selon les territoires et les degrés. Elle est plus forte dans les écoles élémentaires et dans le public (-1,4% contre 0,4% dans le privé), dans le milieu rural (-1,6%) qu’urbain (-1,1%). Selon la note de la Depp publiée fin mars 2025, les élèves en situation de handicap scolarisés en ULIS sont plus nombreux (+1,2%).
Alors ? La baisse démographique serait l’occasion d’améliorer la qualité de l’accueil des élèves, – notamment la hausse du nombre d’élèves en ULIS – et de baisser les effectifs. La note de la DEPP souligne la hausse du nombre d’élèves en situation de handicap.
– 7 100 élèves à la rentrée 2025 : des effectifs en baisse dans le 1er degré
A la rentrée 2025, le nombre d’élèves dans le premier degré devrait atteindre 6 169 800, soit une diminution de 90 700 élèves par rapport à la rentrée 2024. Cette baisse représente une diminution de 1,4 % des effectifs. En 2029, les effectifs devraient continuer à diminuer pour atteindre 5 699 800 élèves, soit une baisse de 560 800 élèves par rapport à la rentrée 2024.
A la rentrée 2027, la baisse serait quatre fois plus forte en école pré-élementaire (-3,8%) qu’en élémentaire (-0,9%). La note prévoit qu’ « en matière d’effectifs, le préélémentaire et l’élémentaire perdraient respectivement 287 200 élèves et 276 900 élèves sur cinq ans ».
A la rentrée 2029, la DEPP prévoit une baisse des effectifs de 12,7% en pré-élementaire et de 7% en élémentaire.
Une baisse des effectifs plus marquée dans le secteur public
86,4% des élèves sont scolarisés à la rentrée 2024 dans le secteur public. La part est stable en élémentaire depuis 2017 entre 85,9% et 86%.
La note pointe une baisse de « la part du public (qui) a diminué progressivement entre 2016 et 2023 chez les 2 ans (- 3,7 points) avant de repartir à la hausse à la rentrée 2024 ». Les effectifs ont augmenté dans le secteur privé. La part des effectifs a également augmenté dans le privé pour les 3-5 ans, passant de 12 à 12,5%.
Une baisse accélérée en pré-élementaire après 2026
D’après la note, la baisse démographique et du nombre de naissances ne permettra pas de remplacer pour les rentrées 2027 à 2029 les générations des élèves qui quittent l’école pré-élementaire. Après une hausse continue de 2011 à 2016, les effectifs en élémentaire sont en baisse. Selon les prévisions de la note, il y a 65 200 naissances d’écart entre les générations qui arrivent en CP à la rentrée 2025 par rapport à la génération qui quittera le CM2.
« Pour les rentrées 2027 à 2029, sous l’hypothèse d’une baisse annuelle du nombre de naissances de 14 800 jusqu’en 2027, égale à celle observée en 2024, les générations nées entre 2025 et 2027 ne suffiront pas à remplacer celles quittant le préélémentaire d’ici 2029 ».
Une hausse des effectifs d’élèves en inclusion
Malgré la baisse démographique, la croissance des effectifs scolarisés en ULIS est estimée à +1,2% chaque année jusqu’en 2029. « 60 000 élèves en situation de handicap seraient scolarisés dans un établissement du Premier degré à la rentrée 2029 » estiment les auteurs de la note.
Cette note table sur des prévisions. A noter que l’évolution de la natalité est imprévisible et que la baisse des effectifs permet d’améliorer les conditions d’enseignement et de vie à l’école. Cette tendance à la baisse des effectifs donne l’opportunité de réduire le nombre d’élèves par classe, dont la moyenne est actuellement plus élevée en France que dans les autres pays européens. Et si on considérait cette baisse démographique autrement que sous l’angle budgétaire ?
Djéhanne Gani


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