Après une licence d’histoire à Rennes, elle s’est dirigée vers un master Meef (métier de l’enseignement, de l’éducation et de la formation), parcours Histoire-Géographie, à l’université de Rennes 2 et à l’INSPE de Bretagne. Engagée aussi politiquement, elle nous parle de sa formation, de ses craintes et de ses envies : « accompagner les élèves tout au long de l’année pour les faire progresser et je l’espère aimer ma discipline », un enseignement qu’elle considère « avant tout comme un devoir ».
Comment s’est passée la préparation au concours ?
La préparation au concours a pour moi été une épreuve. La première année de préparation au concours m’a permis de confirmer ma vocation à travers l’apport disciplinaire des cours à Rennes 2 mais aussi grâce aux périodes de stages, bien que courtes.
La seconde année de master a été une année riche et dense. Peut-être trop pour préparer efficacement un concours de recrutement. Les stages trois jours par semaine, une journée disciplinaire à Rennes 2 et deux journées de formation pédagogique, sans compter le travail de révisions personnelles. Ce programme chargé ne laissait place à aucun moment de répit. Cette année ne m’a pas permis d’obtenir le capes dès le premier essai. J’ai pu cependant intégrer la préparation capes de l’université de Rennes 2, consacrant une année entière à la préparation du concours. C’est grâce à la qualité des cours et des enseignements que j’ai eu la chance de suivre à Rennes 2 que j’ai pu obtenir le concours. Nous avons eu un très fort accompagnement lors de l’année suivant le master Meef.
Comment s’est passée ta formation ? Qu’est-ce qui a manqué ?
L’année prochaine je serai donc fonctionnaire stagiaire et aurai des classes à charge. Durant mes deux années de master, j’ai eu l’occasion d’effectuer des stages en pratique accompagnée, au collège et au lycée. Ces expériences professionnelles m’ont appris beaucoup sur le métier et m’ont fait revoir mes pratiques pédagogiques en les faisant évoluer pour correspondre au mieux aux élèves. Ce sont ces moments dans le cœur du métier qui ont pour moi été le plus utile. Au cours de la formation, les approches présentées, parfois trop conceptuelles, nous éloignaient des enjeux du métier et de l’enseignement sur le terrain.
Alors où sera le premier poste ?
Mon premier poste sera en Essonne. Cette affectation est le fruit d’une demande de révision d’affectation effectuée après avoir appris ma mutation dans l’académie d’Aix-Marseille. Cette académie ne figurait pas dans mes vœux, d’autant plus que mon académie de formation était Rennes. Je suis contente de ma révision et d’être dans un établissement avec des projets culturels ambitieux !
Avez-vous des appréhensions sur le métier, des espoirs ?
Il est impossible de ne pas avoir d’appréhension avant sa première vraie rentrée. Mes premières craintes sont portées sur le regard des élèves et sur la qualité des cours que j’enseignerai. De mon point de vue, l’école est tellement importante pour l’émancipation des élèves, qu’être un maillon de leur évolution dans le cadre scolaire implique une très grande responsabilité. Je garde en tête que mon rôle sera d’aider les élèves à s’émanciper et de donner des bases communes à l’ensemble des élèves. Les accompagner tout au long de l’année pour les faire progresser et je l’espère aimer ma discipline.
Quelle motivation pour enseigner aujourd’hui, et plus particulièrement enseigner l’histoire-géographie ?
Mes motivations à enseigner résident d’abord dans le rôle que je donne à l’éducation, celui d’émanciper et de donner les clés de compréhension de la société à l’ensemble des élèves. Pour moi, l’Histoire et la Géographie répondent totalement à ces deux enjeux centraux. Donner aux élèves la possibilité de construire un regard critique sur les faits d’actualité, sur le contexte, parfois angoissant, dans lequel ils vont grandir.
La sensibilisation et la compréhension des enjeux contemporains comme le réchauffement climatique, les guerres et crises humanitaires sont l’objectif et le fil rouge de l’enseignement de l’histoire et de la géographie. L’Histoire-Géographie est une discipline sensible et complexe, pouvant susciter des réactions. Mais son enseignement est primordial pour les élèves, cet enseignement je le considère avant tout comme un devoir.
Un projet de réforme est dans les tuyaux, une bonne nouvelle ?
La formation des enseignant.es doit être réformée, mais pas au rabais ni sans prendre en compte l’avis des formateurs et des étudiant.es des INSPE. Aujourd’hui, le projet de réforme de la formation n’est pas adapté aux besoins des futurs enseignants et propose aux étudiants un concours au rabais d’un point de vue pédagogique.
Pour le cas du capes d’histoire et de géographie, le programme du concours est infaisable et contraint les universités à sacrifier certaines thématiques au programme pour espérer préparer leurs étudiants au concours. Le passage du concours en Licence 3 est pour moi un moyen de faire des économies, en rémunérant moins les futurs professeurs qui seront dès le master des stagiaires à part entière. Le flou dans lequel sont les étudiants et les formateurs n’aident pas à la compréhension et l’anticipation de cette réforme qui changera considérablement le rythme des étudiants et formateurs des futures nouvelles écoles normales supérieures.
Propos recueillis par Djéhanne Gani
