Dans le second degré, le nombre mi-temps thérapeutiques est passé de 3 324 en 2023-2024 à 4 185 en 2024-2025. Dans le premier degré, le chiffre est passé de 3 075 à 3 783 sur la même période. Ces chiffres que le ministère a transmis aux Echos représente l’équivalent de plus de 7 000 postes à compenser en deux ans — dans un contexte où les remplacements sont déjà insuffisants.
Un casse-tête pour les établissements
Les mi-temps thérapeutiques ne sont presque jamais compensés intégralement. Les établissements se retrouvent avec des plannings morcelés, des groupes partagés entre deux enseignants voire des heures non assurées. Dans le cas de personnels à 80 %, les 20 % restants ne sont souvent pas remplacés du tout. Pour les directions, « c’est un vrai casse-tête » logistique et pédagogique, comme le souligne le SNPDEN, syndicat des chefs d’établissement.
Des raisons structurelles
Le phénomène des mi-temps thérapeutiques révèle l’état d’épuisement du personnel éducatif, confronté à une dégradation continue des conditions de travail : surcharge des effectifs, inclusion non accompagnée, pressions multiples, manque de soutien institutionnel.
Derrière ces chiffres et cette explosion silencieuse, c’est la santé des enseignants qui est en jeu — et avec elle, la capacité du système à fonctionner correctement.
Djéhanne Gani
