Des citations à découvrir
Chaque mot de la nomenclature (une cinquantaine en tout) est introduit par une citation en latin extraite d’une œuvre et accompagnée de sa traduction. Une belle entrée en matière, et dans la matière, qui convoque, tour à tour, Virgile, Sénèque, Cicéron, Horace, Ovide, Pline l’ancien (et Pline le Jeune !), Plaute, Tite-Live, Térence et bien d’autres encore. Ce sera l’occasion pour les élèves d’établir de premiers liens de proximité et de résonance entre les deux langues.
Des mots à explorer
Une page recto verso (rarement davantage) est ensuite consacrée à chaque mot retenu. L’ouvrage y démêle avec gourmandise les « entrelacs » et « enchainements » par lesquels celui-ci a fait famille « à travers les siècles » ; et souvent famille nombreuse, avec ses alliances et ses ruptures, ses transmissions et ses dérivations. L’ensemble est plein de surprises et de découvertes car, à partir de cette « souche latine », se décline, en latin et en français, tout un monde d’« affiliés lexicaux », parfois inattendus.
Par exemple, quels liens peut-il bien y avoir entre le verbe latin « salio » (sauter), et les mots français résilier et résilience ? Pourquoi le nom de plante « linum » (le lin) est-il à l’origine de mots aussi différents que ligne, alinéa, borderline, collimateur, linceul, linotte … ? Par quel croisement analogique est-on passé d’une fleur labiée à une joue balafrée ? ou de l’« infans » (qui ne parle pas, jeune enfant) à l’infanterie, de l’infanterie au fantassin, du fantassin au fantoche… ? Pourquoi n’aurait-on pas pu « saupoudrer » de sucre un mets avant la fin du XVIIIe siècle ? Que de cartes mentales à illustrer ou d’arbres à mots à imaginer en classe !
Des prolongements à chiner
Chaque « voyage lexical » se termine par un court « développement thématique » encadré qui prolonge la découverte du mot par une anecdote, un point de civilisation, une référence culturelle ou historique… Titillant la curiosité, ces prolongements pourront, grâce à l’index en fin d’ouvrage, servir de déclencheur à la découverte d’un mot. A quoi peuvent bien faire allusion : « Le joug, un symbole contrasté » ou « Le rouge à lèvres des Romains et des romaines » ? « Le salaire : d’abord une ration » ou « La laitue et son lait, du latex » … ? Pourquoi est-on passé « de l’uil à l’huile », et pour boucler la boucle pongienne, de l’« vistre » à l’« huître » ?
Un « guide bienveillant » et accessible, aux multiples possibilités de navigation à imaginer en classe.
Claire Berest
