Grilles d’(auto)-observation des gestes et pratiques pédagogiques
Observer ce qui se passe dans le quotidien d’une classe entre les élèves, et analyser ses propres gestes et pratiques pédagogiques sous l’angle des mécanismes et biais genrés, c’est aussi ainsi que l’on met en œuvre l’égalité filles / garçons. Pour ce faire, on trouve sur le site de l’académie de Versailles six « grilles d’(auto)-observation élaborées pour guider les personnels dans l’analyse réflexive de leurs gestes et de leurs pratiques pédagogiques ».
Elles invitent à interroger, au prisme du genre, les interactions entre les élèves et les interactions entre les élèves et les équipes enseignantes. Mais aussi les exigences éducatives, les supports pédagogiques ainsi que la fréquentation du CDI et de l’infirmerie. Les différentes catégories d’observation proposées se déclinent en indicateurs concrets tels que : « Y a-t-il des différences de fréquence de prise de parole entre les filles et les garçons ? », « Les interactions sont-elles principalement intra-genre ou inter-genre ? », « Les rôles de leader, de médiateur/médiatrice, etc., sont-ils répartis équitablement entre les genres ? », « Y a-t-il des signes de biais dans les attentes en fonction du genre ? », « Les auteurs et les autrices du manuel représentent-ils/elles une diversité en termes de genre, de culture et d’expérience ? »…
Favorisant la « prise de conscience individuelle ou collective », la démarche, éclairante, se veut porteuse de davantage d’inclusion et donc « d’un climat propice aux apprentissages » pour l’ensemble des élèves. A expérimenter afin d’ « identifier des priorités d’ajustement et de les intégrer à ses pratiques quotidiennes ou à une réflexion d’équipe ».
Guide de communication égalitaire
Une représentation plus inclusive par une langue plus égalitaire est un outil précieux pour lutter contre l’invisibilisation des femmes et donc pour une égalité partagée. Mais pour écrire en langue égalitaire, sans contrevenir aux limites fixées par le cadre de la « communication institutionnelle », il faut un peu de pratique. Il y a ce qui est proscrit (le guide n’évoquera donc pas le point médian), et il y a ce qui est autorisé, voire à appliquer et à favoriser. C’est dans ce cadre, défini en particulier par la circulaire de féminisation de mai 2022 et la version actualisée de 2022 du Guide pratique « Pour une communication sans stéréotype de sexe », que cette « Fiche pratique » de communication égalitaire, proposée par la mission s’inscrit.
Première préconisation : « Accorder les noms des métiers, titres, grades et fonctions avec le genre des personnes ». On optera donc pour « La professeure » et non « La professeur » (encore moins pour « Madame le professeur » !), pour « Madame la cheffe d’établissement » et non « Madame le chef d’établissement »… Deuxième préconisation : « Décliner les noms et adjectifs pour s’adresser à toutes les personnes concernées ». On proscrira donc des formules telles que « Les enseignants » auxquelles on préférera le doublet « Les enseignantes et les enseignants » ou des expressions génériques telles que « L’équipe enseignante / l’équipe pédagogique / le corps enseignant »…
Enfin, de manière générale, la fiche préconise d’utiliser « l’ordre alphabétique lors d’une énumération d’un public mixte » et d’avoir recours à des tournures de phrase telles que « la réunion du personnel » plutôt que « la réunion des agents », « un dossier par candidature » plutôt que « un dossier par participant »…
Conçue « comme un outil d’accompagnement », cette fiche pratique « vise à soutenir les équipes dans la mise en œuvre d’un langage respectueux de l’égalité ». Elle montre, par des exemples concrets, qu’adopter une communication égalitaire, tout en restant dans un cadre institutionnel, c’est possible. (Re)féminisation de la langue, double flexion, formes épicènes, expressions génériques, reformulation… les outils sont là. Il suffit de s’en emparer, et c’est tout simple.
Claire Berest
