Une vingtaine d’établissements concernés
Sur son site Franceinfo rappelle que la congrégation des Frères des écoles chrétiennes a été « fondée au 17e siècle par Jean-Baptiste de La Salle, dispose aujourd’hui de 150 écoles dans tout le pays ». Les témoignages collectés par le collectif d’anciens élèves concerneraient une vingtaine d’entre elles : « Saint-Charles à Chauny (Aisne), Saint-Joseph Lasalle à Rodez (Aveyron), La Salle Pibrac (Haute-Garonne), Saint-Genès à Bordeaux et Talence (Gironde), Saint Jean-Baptiste de la Salle à Guérande (Loire-Atlantique), Saint-Joseph du Loquidy et Saint-Felix à Nantes (Loire-Atlantique), Le Likès à Quimper (Finistère), Nazareth à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), Saint-Joseph à Mauléon (Pyrénées-Atlantiques), Saint-Vincent à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), Francs Bourgeois à Paris (Paris), Saint Jean-Baptiste de La Salle à Rouen (Seine-Maritime), Saint-Augustin à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), Saint-Nicolas d’Igny (Essonne) et Passy à Brétigny-sur-Orge (Essonne), Saint-Nicolas d’Issy à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). »
Autant dire l’ensemble de la France : des Hauts-de France à l’Occitanie, de la Bretagne à l’Ile-de-France, de la Nouvelle-Aquitaine, aux Pays de la Loire…
Des réponses insuffisantes pour le collectif de victimes
Dans un communiqué transmis à France Inter, la Congrégation assure prendre « très au sérieux » la démarche du collectif et les témoignages qu’il porte. Elle rappelle avoir même créé dès 2014 « une cellule d’écoute dédiée » ; cellule qui aurait enregistré 72 saisines, aboutissant pour 70 d’entre elles « à la signature d’un protocole reconnaissant le caractère vraisemblable des accusations portées contre un membre de la Congrégation » et à « une indemnité financière, pour un montant total de 2 434 882 euros ». Elle ajoute ne pas hésiter à effectuer des signalements « auprès des autorités de police ou judiciaires dès lors qu’elle a connaissance de faits susceptibles de recevoir une qualification pénale » : trois depuis 2022, le dernier datant du 15 décembre 2025.
Le collectif, pour sa part, regrette que la congrégation « se limite à une posture de compassion protocolaire et d’indemnisation dérisoire, quand ce n’est pas un mutisme complet ». Il lui demande l’ouverture des archives « pour identifier les complicités hiérarchiques », le lancement d’ « un appel à témoignage pour libérer la parole des victimes », et la création d’ « un fonds de réparation de 100 millions d’euros, à la hauteur du préjudice réel (vies professionnelles entravées, soins à vie, préjudices affectifs et relationnels) et du nombre de victimes ».
De mois en mois, les révélations de violences sexistes et sexuelles au sein des établissements scolaires catholiques se multiplient. Il n’est plus temps de prendre son temps ; et il n’est plus temps, pour reprendre les mots du ministre Geffray d’ « avoir la main qui tremble ».
Claire Berest
Articles à retrouver sur les sites de France inter et Franceinfo.
