Avec une rémunération prévue à la copie et non plus au correcteur, le nouveau concours du CRPE ouvert aux candidats en L3 pourrait se traduire par une indemnisation nettement revue à la baisse. Selon les informations du syndicat SNIA-IPR, « la DGRH du ministère maintient un taux de rémunération de chaque correcteur d’une épreuve, de moitié ou du tiers selon le type de copie à corriger ». Mais cette approche, source d’économies pour l’administration, pourrait ne pas être conforme au cadre réglementaire. Explications.
La réforme du recrutement du concours des professeurs des écoles (CRPE) a donné lieu à une session de concours ouvert aux étudiants de L3. Cette année, les deux concours ont lieu, la version M2 et la version L3.
Ce qui change pour le concours L3
L’épreuve écrite du nouveau concours dure 4 heures, 2h mathématqiues et 2h français. Les candidats composent sur la même copie. La version du concours M2 maintenue cette année est composée des deux épreuves en français et mathématiques d’une durée de 3 heures respectivement, sur deux copies distinctes.
La deuxième copie des candidats du CRPE-L3 regroupe trois épreuves des quatre domaines pour une durée de quatre heures : histoire-géographie-EMC, sciences et technologie, Arts, langue vivante étrangère. La version du CRPE-M2 est une épreuve de trois heures sur une de ces disciplines au choix.
Une double ou triple correction de copie et une rémunération à partager entre les correcteurs
Jusqu’à présent, une épreuve écrite des concours a une double correction par des professeurs spécialistes. Les épreuves du concours CRPE-L3 devraient, selon cette règle, être corrigées par un binôme de correcteurs voire un trinôme pour la seconde épreuve. Si le ministère a donné pour consigne de rémunérer la copie, alors la rémunération sera divisée par le nombre de correcteurs, deux ou trois.
Les correcteurs des copies percevraient alors la moitié ou le tiers du montant prévu de la rémunération des copies. Le syndicat dénonce qu « un correcteur de mathématiques ou de français sur le concours CRPE-L3 sera donc rémunéré moitié moins que sur le concours M2, pour un travail équivalent ». Cette différence de traitement laisse planer le risque de démission des correcteurs, augmentant la charge de travail des autres.
Pour les inspecteurs pilotes de la correction du concours, il y a « un risque sérieux (qui) pèsera sur la qualité d’une part et sur l’équité d’autre part du nouveau concours de recrutement CRPE-L3 » comme sur le bon déroulement des épreuves.
Contraire à la règlementation
Pour le SNIA-IPR, la directive de la DGRH ne respecte pas la règlementation pour la correction du nouveau concours CRPE-L3 : l’arrêté du 7 mai 2012 fixe la rémunération des intervenants participant, à titre d’activité accessoire, à des activités de recrutement d’agents publics relevant des ministres chargés de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur. Il prévoit une rémunération du correcteur « par document ou copie ». La rémunération ne dépend pas du nombre de correcteurs de la copie.
Djéhanne Gani
