En quoi consiste ce projet ?
Quels sont les outils pédagogiques utilisés ? Pour quels effets ?
Comment un.e enseignant.e peut-il utiliser vos ressources ?
Les enseignants peuvent mobiliser ces ressources de plusieurs façons. Ils peuvent d’abord utiliser directement la partie destinée aux jeunes avec leurs élèves, notamment le chatbot et les vidéos pédagogiques. Ils peuvent également intégrer le sujet des règles dans leurs enseignements disciplinaires grâce aux séquences pédagogiques clé en main proposées sur la plateforme. Ce travail ne concerne d’ailleurs pas seulement les sciences de la vie et de la Terre, mais peut aussi être abordé dans d’autres disciplines.
Les articles et recommandations disponibles permettent aussi de réfléchir à la mise en place d’un environnement scolaire plus « règles friendly », c’est-à-dire plus accueillant et adapté aux élèves concernées. Les enseignants peuvent également relayer l’espace destiné aux parents afin de préparer les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité.
Enfin, ils ont la possibilité de participer à la formation « Changer les règles dès le plus jeune âge » pour mieux s’outiller sur ces questions et porter des projets dans leur établissement. Des outils de communication peuvent également être téléchargés afin d’afficher des informations dans l’établissement et contribuer à briser le tabou autour des règles.
Pouvez-vous nous détailler un projet mis en place dans un établissement sur ce sujet ?
Dans certains établissements, le programme peut se traduire par un projet éducatif global autour des règles. Un groupe d’enseignants volontaires peut par exemple organiser des ateliers d’information auprès des élèves afin d’aborder la physiologie des règles, les questions de santé et la lutte contre les idées reçues.
Les élèves peuvent également être impliqués dans des actions concrètes, comme l’organisation d’une collecte de protections périodiques destinée à être redistribuée à une association locale.
D’autres initiatives peuvent prendre la forme d’un concours d’affiches autour du thème « Briser le tabou des règles », ou encore de la création d’élèves ambassadeurs chargés de sensibiliser les autres classes.
Le projet peut aussi s’accompagner d’aménagements matériels dans l’établissement : installation de distributeurs de protections périodiques, amélioration de l’équipement des toilettes ou mise en place d’espaces d’information. L’objectif est de créer un environnement scolaire plus serein pour les élèves concernées.
Avez-vous quelques données récentes sur la précarité menstruelle en France en 2026 ?
La précarité menstruelle concerne aujourd’hui environ 4 millions de personnes en France et près de 50 millions dans l’Union européenne. Par ailleurs, 72 % des filles ont leurs règles avant l’âge de 13 ans. Si près des trois quarts des jeunes filles déclarent avoir reçu des informations sur ce sujet à l’école, seules 50 % des moins de 13 ans en ont effectivement bénéficié. Pourtant, celles qui ont eu accès à ces informations soulignent majoritairement que cela leur a permis de mieux comprendre leur corps et d’aborder plus sereinement l’entrée dans la puberté. Les attentes restent fortes : 80 % des filles souhaitent que les séquences éducatives sur les règles soient proposées en mixité.
Enfin, les règles restent un facteur de stress important dans le cadre scolaire. Huit filles sur dix déclarent être stressées lorsqu’elles ont leurs règles à l’école. Une fille sur trois a déjà manqué l’école pour cette raison, et cette proportion dépasse même une sur deux chez les plus de 15 ans.
Propos recueillis par Julien Cabioch
