Une interpellation dans l’enceinte du lycée
« Ces faits sont inacceptables » pour la CGT Éduc’action 92, SUD éducation 92 et le SNES-FSU Versailles. Mercredi 7 octobre, un élève du lycée Galilée a été interpellé par la police dans l’enceinte de l’établissement, accusé d’avoir tiré des mortiers d’artifice sur le parvis. Selon les professeurs et les personnels de la vie scolaire, la proviseure a accepté que les policiers consultent les trombinoscopes pour identifier l’élève. Un CPE et un AED ont ensuite été envoyés le chercher en classe pour le conduire au bureau de la vie scolaire où les policiers l’attendaient.
« Le lycée doit rester un refuge »
« Le lycée doit rester un refuge » dénoncent les personnels, refusant que leurs collègues soient mobilisés dans une opération de police : « Les CPE et AED ne sont pas des auxiliaires de police. » La direction « aurait pu, et dû, refuser l’accès au trombinoscope ainsi que la demande de la police d’aller chercher l’élève en classe ». Ils exigent qu’elle s’explique, qu’aucun personnel ne soit plus sollicité pour participer à une interpellation et qu’« aucune donnée concernant les élèves (trombinoscope, emplois du temps, etc.) ne soit communiquée aux forces de l’ordre hors d’une réquisition judiciaire en bonne et due forme ». « La relation de confiance entre les adultes du lycée et les élèves est gravement atteinte. »
La LDH évoque quatre gardes à vue et des violences
Dans un communiqué du 8 octobre, la Ligue des Droits de l’Homme Gennevilliers affirme avoir recueilli des témoignages sur l’interpellation de quatre élèves, placés en garde à vue lors d’un rassemblement tenu avant 8 h devant le lycée. Leurs camarades auraient « subi des violences de la part des forces de l’ordre ». L’élève interpellé plus tard dans l’établissement a lui aussi été placé en garde à vue, « la police requérant l’action de personnels de l’établissement ». L’association rappelle que « les interventions policières dans les lycées ne sont pas libres de tout encadrement » et qu’un établissement scolaire « ne peut pas devenir un lieu d’interpellation banalisé et les personnels ne peuvent pas être considérés comme des auxiliaires de police ».
Une réponse « respectueuse et non policière »
La LDH dénonce la seule réponse apportée depuis le début des mobilisations lycéennes « une répression violente », au mépris de la Convention internationale des droits de l’enfant, de la liberté de manifestation et de la liberté d’expression. Elle affirme sa solidarité avec le mouvement lycéen et demande une « réponse politique respectueuse et non policière ». Les personnels du lycée voient aussi dans l’épisode une menace pour la liberté de manifester et de s’exprimer de leurs élèves.
Djéhanne Gani
