Première Biennale non francophone qui fait suite à celles organisées à Poitiers (2017 et 2019), Bruxelles (2022), Nantes (2024). Trois associations italiennes étaient à la manœuvre pour organiser cet événement avec le Copil du collectif, le Polo europeo della conoscenza (pôle européen de la connaissance), le MCE (Movimento di Cooperazione Educativa), mouvement italien d’éducation nouvelle et de pédagogie populaire, la FIT (Fédération italienne des Ceméa).
Cet événement international a réuni pendant quatre jours au palais de la Gran Guardia des acteurs éducatifs du monde entier, il était consacré à l’éducation nouvelle ainsi qu’à l’expérience des pédagogies actives qui la soutiennent.
Le thème « Réhumaniser l’éducation » intervient à un moment historique où l’école est appelée à faire face à de profondes transformations : les inégalités, le multiculturalisme, la numérisation croissante et l’intelligence artificielle. La Biennale de Convergence(s) souhaite replacer au cœur du débat culturel et social une question fondamentale : quelle conception de la personne et de la société voulons-nous contribuer à construire à travers l’éducation pour un avenir démocratique ?
L’éducation n’est pas seulement une question pédagogique, elle est aussi politique et sociale
Comme nous le dit Jean-Luc Cazaillon des Ceméa France, membre du Comité de pilotage de Convergence(s) : « Réussir, dans le contexte mondial actuel, à tenir cet évènement en conservant sa dimension internationale, c’est chouette non ? Et puis il y a un invariant, acquis au fil des Biennales, construit au gré des rencontres : la simplicité, l’authenticité, la fluidité des relations. Aller vers l’autre, accueillir l’autre tout cela se fait naturellement, simplement, comme si c’était la norme !
Mais nous savons que non. Cette bienveillance, cette bientraitance nous la devons à nos conceptions de l’éducation certes, mais nous la devons surtout au climat de cette Biennale, de toutes ces Biennales qui font désormais références dans nos parcours militants. J’ai beau le savoir, une nouvelle fois, ici, en Italie, dès le premier jour, dès le premier « buon giorno », il faisait chaud. »
Dès la séance d’ouverture, Teresita Garduño Rubio, pédagogue mexicaine a su enflammer l’assistance, elle nous a appelés à faire de l’éducation un levier d’émancipation, voire de révolution.
Dans la grande galerie du palais, des totems en carton présentant chacun une de la trentaine d’associations qui composent Convergence(s) ont permis d’initier des rencontres entre les militant⋅es de l’Éducation nouvelle, de mieux se connaître, de partager des expériences, de vivre ensemble des temps d’activités, de débattre, de mieux comprendre parfois pourquoi on n’est pas d’accord sur tout puisque l’on appartient à des mouvements différents mais que l’on partage l’essentiel.
Vérone, c’est aussi une immense richesse culturelle, ses arènes, le balcon de Romeo e Giulietta, une certaine douceur de vivre au gré des Spritz (variante Limoncello ou Hugo), gelato, pasta … Sans oublier des chants, des danses avec de la musique sarde…
Les jeunesses qui se mobilisent actuellement en France mais aussi en Italie ont pu nous faire part de leurs préoccupations, leurs revendications pour qu’un monde meilleur advienne le plus vite possible. Flavia Gallo, pedagogista dell’Espressione, grand témoin de cette Biennale a su nous restituer à la clôture avec une certaine émotion ce qui l’avait traversée durant ces quatre jours.
L’utopie de l’Éducation Nouvelle qui a traversé le XXe siècle a rencontré et rencontre encore de nombreuses oppositions : privilèges, classicisme, ethnocentrisme et une conception de l’éducation et de l’instruction qui sépare la théorie de la pratique, le mental du corps, les émotions de la connaissance. Plus que jamais, l’Éducation Nouvelle/Active s’engage à construire la conscience de l’humanité pour prendre soin du monde.
Laurent Gautier
axe École des Ceméa France
https://www.convergences-educnouv.org/fr/l-ecole-est-un-lieu-d-apprentissage-de-la-democratie
