Un budget sous surveillance
La conférence de presse tenue le 11 septembre par la FSU et plusieurs de ses syndicats (SNES, SNEP, SNUEP, SNUTER, SNAJUP, SNPES-PJJ) a donné le ton de cette rentrée. Pour les représentant·es syndicaux, les annonces gouvernementales de juillet, jugées violentes et méprisantes, n’ont fait qu’accélérer un mouvement de fond : le malaise grandissant dans la Fonction publique, et en particulier dans l’Éducation nationale.
« Ce n’est pas le nom du Premier ministre qui importe aujourd’hui, mais bien le contenu du budget, et le partage des richesses », souligne la secrétaire générale. « La question sociale est sur la table. Les personnels attendent autre chose que du mépris. »
Une crise d’attractivité généralisée
« Le plus criant aujourd’hui, c’est la crise d’attractivité qui touche tous les métiers de la Fonction publique » constate la FSU.
La question est posée avec gravité : comment attirer les étudiant·es vers ces métiers, et surtout comment convaincre celles et ceux qui s’y sont engagés d’y rester ? Trois causes principales sont mises en avant par l’organisation syndicale.
10,4% d’inflation : « Les fonctionnaires montent sur un escalator… qui descend »
Le premier levier identifié est les salaires. « Aujourd’hui, un enseignant en fin de carrière gagne 2,3 SMIC. En 1989, c’était 3,5. Cela résume bien l’ampleur du déclassement subi par les personnels de catégorie A », alerte Caroline Chevé. Le rapport de l’OCDE « Regards sur l’éducation » de 2025 pointe que les professeurs des écoles gagnent 20,6% de moins que la moyenne des professeurs des pays de l’OCDE.
Les mesures catégorielles prises par le gouvernement sont jugées largement insuffisantes pour compenser les 10,4 % d’inflation cumulée. En parallèle, les catégories B et C se retrouvent progressivement smicardisées.
Pour résumer, la secrétaire générale de la FSU utilise l’image des « fonctionnaires qui montent sur un escalator… qui descend » : « Les carrières avancent, mais les rémunérations restent au même niveau » explique Caroline Chevé.
Une perte de sens des missions
L’exemple le plus probant pour le syndicat est l’école inclusive pour la secrétaire général de la FSU : « Les personnels y sont massivement favorables, mais ce qu’ils vivent, ce sont des politiques d’affichage sans moyens, qui génèrent de la souffrance, pour eux comme pour les familles».
Aurélie Gagnier évoque également les injonctions, les évaluations nationales standardisées et l’accent mis sur les fondamentaux qui participent au conflit de valeurs et posent la question du sens pour les professeurs des écoles.
Cap sur le 18 septembre
A rebours de représentation, le syndicat affirme que le nombre de fonctionnaires est resté stable depuis 40 ans, tandis que les besoins de la population sont importants. Avec l’allongement de la durée de carrière, la baisse des droits en congé maladie et la stagnation des traitements, la FSU dénonce les choix politiques et leurs effets sur les personnels.
L’organisation syndicale a rappelé lors de la conférence de presse sa détermination pour la journée de grève du 18 septembre. Pour elle, la crise d’attractivité n’est pas une fatalité mais le résultat de choix politiques et budgétaires. Quelques pistes évoquées par l’organisation syndicale pour pour le prochain gouvernement : entre 15 et 20 milliards d’euros avec la taxe Zucman, contre 200 milliards d’aides aux grandes entreprises sans conditions ni transparence en 2023.
Djéhanne Gani
