Elle dénonce le pilotage par l’évaluation « au centre des dispositifs de contrôle des métiers de l’enseignement au détriment de la liberté pédagogique ». Fruit du ministère de Jean-Michel Blanquer, ces évaluations standardisées de maths et de français ont lieu du CP à la 4e désormais. Sans oublier, les tests d’anglais en 3e ou encore de positionnement en 2de.
Arrêter le pilotage délétère et redonner sens au métier enseignant : Abandon des évaluations nationales !
Pourquoi toutes les classes d’élémentaire vont-elles, à nouveau, consacrer du temps à des évaluations standardisées imposées dès la deuxième semaine de cette rentrée scolaire 2026 ?
Les arguments pédagogiques manquent : la conférence de consensus du CNESCO a rappelé que la recherche en éducation s’accorde pour dire que les évaluations qui sont utiles aux progrès des élèves sont celles qui sont conduites par leurs enseignant-es au plus près des apprentissages dans la classe, au plus près du cheminement des élèves en train d’apprendre. A l’opposé, les évaluations imposées sont les plus normatives qui soient, elles génèrent ainsi des mises en difficulté d’élèves par leur nature même. Les évaluations nationales ne sont ni un outil pour les professeur-es des écoles, ni un levier de lutte contre les inégalités scolaires ou une base de remédiation pour les élèves, bien au contraire.
Au centre des dispositifs de contrôle, au détriment de la liberté pédagogique
Alors pourquoi sont-elles imposées, encore et encore, à tous les échelons de l’école élémentaire, malgré l’absence d’adhésion des professionnel-les concerné-es ? Parce qu’elles sont au centre des dispositifs de contrôle des métiers de l’enseignement au détriment de la liberté pédagogique, et qu’elles instaurent une logique de tri et de mise en concurrence. Depuis 10 ans de gouvernements Macron, les réformes et dispositifs se sont accumulés : vadémécum d’Éducation prioritaire, formation continue qui intègre des visites-contrôles dans les classes y compris des PE expérimenté-es, « résidences pédagogiques », nouveau référentiel de la direction d’école qui prévoit notamment la présentation des résultats en conseil d’école, réécriture des programmes autour des items de ces évaluations, pilotage par les rectrices et recteurs des pratiques professionnelles, avec le « conseil académique des savoirs fondamentaux » sur la base des indicateurs des évaluations, évaluations d’école autour des résultats aux évaluations nationales, …
De la sécurisation des données
De plus, à l’heure où le ministère fait preuve de sa très grande fragilité face aux cyberattaques, la question de la sécurisation du recueil et du stockage des données se pose de façon cruciale et urgente.
L’École n’a pas besoin d’évaluations nationales, outils d’un pilotage autoritaire ayant pour conséquences l’assujettissement des métiers de l’éducation et le maintien voire l’amplification des inégalités scolaires. Car contraindre à ne se préoccuper que des compétences immédiatement mesurables et quantifiables est préjudiciable à la construction par tous les élèves des chemins de la compréhension et de l’élaboration intellectuelle.
Il est grand temps de faire le bilan de la politique éducative menée depuis 10 ans. Les organisations syndicales FSU-SNUipp, SE-Unsa, Snudi-FO, CFDT Éducation formation recherche publiques, CGT Éduc’action, Snalc et Sud Éducation demandent l’abandon des évaluations nationales. Dans l’immédiat, elles doivent être proposées à la libre utilisation pédagogique des PE et non imposées. Nos organisations continuent de soutenir les équipes qui s’y opposent. Le pilotage pédagogique déployé par le ministère pour standardiser les pratiques doit cesser. Plus que des évaluations nationales, l’urgence en cette rentrée aurait été de donner les moyens nécessaires à l’École pour répondre aux conditions dégradées de travail et d’apprentissage, pour viser la réussite de tous les élèves.
FSU-SNUipp, SE-Unsa, Snudi-FO, CFDT Éducation formation recherche publiques, CGT Éduc’action, Snalc et Sud Éducation
