Séisme politique en Allemagne ce dimanche 6 septembre. L’extrême droite allemande est arrivée au pouvoir en Saxe-Anhalt avec une participation record de 80%, soit 20% de plus de participation. Le parti AfD qui signifie Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland) obtient un score de 44 % avec Ulrich Siegmund, figure de l’aile la plus radicale du parti.
Du jamais vu depuis 1945. A noter que la tranche d’âge qui a le moins voté pour ce parti est la plus âgée. Le vote des 18 – 24 ans est majoritairement en faveur de l’AFD avec 43%. Le Land est rural et le plus pauvre du pays, il se situe dans l’ancienne RDA, bastion de l’extrême droite depuis la chute du mur.
Le projet éducatif de l’AfD repose sur quatre piliers : sélection, autorité, séparatisme et patriotisme. Au-delà de la réduction de l’école aux savoirs fondamentaux, il prévoit de renforcer l’apprentissage du russe et les partenariats entre les écoles russes et allemandes. Le projet du parti prévoit un changement de programme, mais aussi de supprimer l’inclusion scolaire, de séparer les élèves selon leur statut migratoire. Côté professeur, le programme prévoit de renforcer le devoir de neutralité. Il prévoit aussi de remettre en question l’obligation scolaire avec la possibilité de l’instruction en famille. Le système éducatif est l’affaire des Länder en Allemagne, l’arrivée de l’AFD au pouvoir peut transformer le système éducatif mais il est aussi encadré par la constitution, des lois scolaires et le droit fédéral. Certaines propositions, notamment l’assouplissement de l’obligation scolaire, pourraient donc se heurter à des obstacles juridiques, relève le Tagesschau.
Elke, directrice d’une école primaire, témoigne dans La Tribune du Dimanche. « Je trouve cette ambiance très inquiétante car on ne sait pas ce qui va se passer, ni quelles mesures seront mises en œuvre, confie-t-elle. Pour l’instant, dans mon école, tous les enfants issus de l’immigration sont bien acceptés, dans un climat de tolérance et de diversité. » Le Courrier international évoque une refonte des programmes scolaires pour préserver « la normalité hétérosexuelle ».
L’obligation de lever le drapeau allemand est aussi dans les tuyaux. Un air de déjà vu du côté de Nice ! Dans les écoles, le drapeau arc-en-ciel sera enlevé. France info, indique aussi que le parti entend « ‘rééquilibrer’ le poids du nazisme dans l’enseignement de l’histoire allemande », prévient Jeanette Süß. Ulrich Siegmund rejette ce qu’il voit comme un « culte de la culpabilité ». Il veut « souligner davantage la période de Bismarck et la Prusse ».
