Sept suspensions ou sanction à la veille de la rentrée
« Suspendus à titre conservatoire pour quatre mois », sanctionné ou objets d’une enquête administrative, c’est la douche froide, en cette rentrée pour ces personnels. Que leur est-il reproché ? Ils ont alerté, signalé des difficultés, porté la voix de leurs collègues et ils ont été convoqués le 31 août pour un entretien préalable à sanction.
Pour la CGT Educ’action 13, les problèmes soulevés par les personnels de l’école de la Tourelle d’Aubagne sanctionnés sont réels et documentés : « manque de personnels, absences non remplacées, locaux dégradés, températures insupportables, risques pour la sécurité, épuisement professionnel, droits des élèves en situation de handicap bafoués, ainsi que l’autoritarisme hiérarchique dénoncé par les personnels »
Deux autres personnels qui animaient une section syndicale CGT n’ont pas été renouvelés, en raison d’une réorganisation des services, leur a-t-on expliqué.
À l’école de la Cieutat, deux collègues ont été sanctionnés pour avoir, eux aussi, signalé des dysfonctionnements dans leur établissement. Sollicité par les journalistes du quotidien La Provence, le rectorat n’a pas apporté d’éléments, indiquant qu’une enquête administrative était en cours.
Vers la criminalisation des lanceurs d’alerte ?
Alors que la CGT Éduc’action 13 dénonce une vague d’intimidation et de sanctions contre des personnels syndiqués ayant signalé des dysfonctionnements dans les éétablissementsn, une fiche interne diffusée par l’académie d’Aix-Marseille détaille la conduite à tenir « si vous êtes sollicité par la presse ». Ce document, destiné à aider les agents à « répondre de manière adaptée aux sollicitations des journalistes », les invite à ne rien dire et à renvoyer systématiquement vers le pôle communication et relations presse du rectorat.
Pour l’ancien co-secrétaire départemental de la CGT Educ’action et secrétaire national, Rémi Reynaud, les agents concernés ne contreviennent pas à leurs obligations. Pour lui, « ils ont fait ce qu’on peut attendre de fonctionnaires » en signalant des dysfonctionnements au sein de l’institution à l’aide d’outils institutionnels. Il évoque le cas de l’alerte dans l’école d’Aubagne, concernant la remise en question de la restauration des élèves en situation de handicap. Il leur était demandé de ne pas manger à la cantine, faute de personnel disponible. Pour Remi Reynaud, les agents qui signalent ce type de situation exercent simplement leur mission et leur responsabilité de fonctionnaires. Le syndicaliste dénonce « un glissement » de l’administration, qui chercherait progressivement à contrôler davantage la parole des agents et leur capacité à rendre publics les dysfonctionnements auxquels ils sont confrontés.
« Une logique de management brutal », selon le syndicat
Pour la CGT Éduc’action 13, ces situations, qui vont de la suspension conservatoire à la convocation devant la justice, ne sont pas des cas isolés mais relèvent d’« un faisceau révélateur d’une politique répressive ». Plutôt que de répondre aux alertes lancées par les personnels, l’administration choisit selon le syndicat, « une logique de management brutal et de mise au pas des personnels », résumée sous le principe du « pas de vague ». Pour la CGT Educ’Action, le message passé est : « taisez-vous et acceptez la disparition de vos droits et des conquêtes sociales. »
Le syndicat a lancé une pétition. Il demande la levée immédiate des suspensions conservatoires prononcées à l’encontre des personnels concernés, ainsi que l’abandon de toutes les poursuites fondées sur l’activité syndicale ou sur l’exercice du droit d’alerte avec le respect plein et entier des droits de la défense et des libertés syndicales.
Djéhanne Gani
Lien vers la pétition : https://c.org/WmgGJwfkRY
