Ces attaques nous ont profondément bouleversés, dans nos identités personnelles autant que professionnelles. Nous sommes toutes et tous meurtris, endeuillés, assombris par ces forces obscurantistes qui s’opposent à ce que nous défendons chaque jour : la liberté, l’ouverture, l’émancipation des élèves par le savoir et la pensée.
Samuel Paty. Ce nom est devenu pour l’École un symbole. Il est aujourd’hui gravé à jamais dans la chair et le cœur de toutes celles et ceux qui enseignent.
C’est bien toute une profession qui est touchée en plein cœur, de plein fouet. Car enseigner, cest croire en la capacité de chacun à comprendre, à débattre, à grandir. C’est faire vivre, dans nos classes, les missions de l’École publique et laïque : apprendre ensemble.
Ces minutes de silence, partagées avec les élèves, sont des moments difficiles.
Nous ne sommes pas des machines. Nos émotions ont leur place à l’école — la tristesse aussi. Nous enseignons avec nos voix, nos gestes, nos regards, nos silences. Nous enseignons avec ce que nous sommes.
Alors aujourd’hui, comme hier, et demain encore, vous ferez vivre la liberté d’expression, la pensée critique, le respect de l’autre. Et surtout, nous refuserons que l’École soit uniquement celle des hommages et des deuils.
Depuis les attentats, vous, les professeurs, avez cette boule au ventre. Et pourtant, vous tenez. Vous faites classe. Vous faites vivre la liberté, la pensée, le débat. Vous faîtes de l’Ecole, le lieu du savoir, de la liberté, de la vie. Merci.
Nous n’oublions pas Dominique Bernard, Agnès Lassalle, Samuel Paty, Christine Renon, Mélanie Grapinet.
Djéhanne Gani
