L’activité vient clore et couronner une séquence qui les a mené·es à produire des écrits d’appropriation et de réflexion, et même à fabriquer des pièces à conviction. Elle permet de faire vivre le texte en interrogeant les dérives du pouvoir et les mécanismes de l’endoctrinement. Le procès est joué en public, « avec présence de jurés tirés au sort parmi d’autres élèves, des personnels de l’établissement ou des parents présents ».
Sur ce sujet, on lira avec intérêt un récent article de Marion Mas dans la revue Pratiques. Selon elle, « instruire le procès d’un personnage fictif impliquerait tout à la fois l’activation de l’empathie fictionnelle (…), mais aussi une forme de décentrement permettant tout à la fois un retour approfondi sur le texte et le développement de compétences lectorales et interprétatives spécifiques (dresser l’instruction du personnage en fonction d’un rôle juridique oblige le lecteur – l’élève – à s’arrêter au détail du texte, potentiellement, à ses blancs, à ses systèmes d’évaluation, bref, à sa poétique). Enfin, si l’on admet que l’acte de juger est un acte éthique, la fiction du lecteur juge participerait de manière inhérente à la formation morale du lecteur. »
Jean-Michel Le Baut
Présentation du dispositif sur La vague
Article en ligne de Marion Mas
Procès de personnages dans Le Café pédagogique
