Comment est née l’idée de ce projet ?
En 2025, nous avons suivi une formation FIL au lycée après acquisition du matériel webradio par une collègue (Madame Behr, enseignante en histoire-géographie). Après un an de pratique dans le cadre de nos séances habituelles, nous avons constaté qu’il était assez facile de mener ce genre de séance, sur quasiment tous les thèmes. La préparation est simple, il suffit de transposer n’importe quelle activité documentaire en séance webradio. Par exemple, au lieu de faire rédiger un texte aux élèves ou de leur demander de réaliser un exposé, ils peuvent créer un mini podcast. C’est juste le type de production qui change, les supports documentaires restent les mêmes. La prise en main du matériel en lui-même est rapide, pour l’enseignant ainsi que pour les élèves.
À quoi ressemble concrètement une séance en classe ? Que font les élèves ?
Au cours d’une séance de préparation (1h minimum), les élèves prennent connaissance des supports fournis par l’enseignant, puis se répartissent les rôles (présentateur, spécialiste scientifique, régisseur son etc.). Ils doivent également déterminer les éléments que chaque intervenant du podcast apporte durant la discussion (question, réponse, relance, transition).
Ensuite, lors de la séance suivante ou de l’heure suivante, ils peuvent enregistrer. L’idéal est d’avoir deux salles communicantes, l’une qui sert de studio d’enregistrement avec le matériel, l’autre dans laquelle demeure l’enseignant avec le reste des élèves. Ces élèves continuent de travailler sur leur podcast ou répètent, en attendant leur tour. Sur une heure d’enregistrement, on peut raisonnablement envisager de faire passer 3 groupes (idéalement de 4 à 6 élèves chacun). Le premier quart d’heure sert à présenter le fonctionnement du matériel aux régisseurs son de chaque groupe, ce qui laisse ensuite 15 minutes par groupe pour enregistrer.
Il est donc recommandé de prendre les classes en demi-groupe et non en classe entière pour la phase d’enregistrement.
Le dispositif webradio rend les élèves plus actifs, surtout si la séance est purement documentaire à la base. Il leur permet de découvrir un nouveau matériel et d’être plus impliqués. Il permet aussi aux plus timides, qui sont en difficulté avec l’oral, de pouvoir être éventuellement évalués, sans avoir à passer devant toute la classe, ce qui peut générer de fortes angoisses. Lors de l’enregistrement du podcast, ils sont souvent encouragés par leurs camarades, en petit effectif la mise en confiance est facilitée. Ils peuvent aussi recommencer la prise de son, ce qui les rassure.
Tous les élèves entrent-ils aussi facilement dans ce type de démarche ? Qu’est-ce qui fonctionne particulièrement bien ?
Les élèves sont souvent très motivés par ce genre de séance. L’usage du matériel et le format donnent un aspect ludique qui leur plaît. Nous sommes souvent obligé.e.s de les presser, afin que chaque groupe ait son quota de temps dans la salle pour enregistrer, sinon ils y passeraient la moitié de l’heure ! L’aspect « jeu de rôle » leur plaît particulièrement. Ils demandent souvent en sortant si une deuxième séquence webradio est prévue dans l’année.
Ce qui particulièrement gratifiant pour l’enseignant, c’est leur réaction à la découverte du matériel « c’est stylé » est une expression qui revient souvent. C’est pour cette raison que la deuxième séquence webradio de l’année fonctionne encore mieux, ils ont hâte d’y retourner. A l’écoute des podcasts, on sent aussi qu’ils se sont fait plaisir, ils ont joué le jeu.
Comment faire pour que tous les élèves écoutent les émissions des autres ?
Il y a plusieurs possibilités. On peut faire une écoute collective (moins prisée des élèves qui n’aiment pas trop être écoutés par toute la classe).
En vérité cela dépend si les podcasts traitent tous du même sujet ou non. Si le sujet est différent pour chaque enregistrement (documents d’étude différents selon les groupes), on peut leur faire écouter chaque podcast individuellement en classe lors d’une séance ultérieure, à condition que chacun ait un ordinateur et des écouteurs. On peut envisager dans ce cas, un QCM PRONOTE à lancer à la fin des écoutes, pour tester les connaissances acquises par les élèves. Dans le cas où les podcasts traitent du même sujet (mêmes documents d’étude au départ), on peut assigner à chaque groupe l’écoute du podcast d’un autre groupe, et donner une grille d’évaluation afin qu’ils évaluent leurs pairs.
Des conseils à donner pour des enseignant.es qui souhaiteraient se lancer aussi ?
N’ayez pas peur du matériel, il est simple à prendre en main, intuitif. Achetez le matériel et ensuite demandez une formation d’initiative locale. Cela permet d’apprendre à prendre en main le matériel, tout en étant directement confronté.e aux contraintes logistiques éventuelles, propres à votre établissement.
Une séance webradio demande en général 3h au total, par élève, pour être mise en place dans de bonnes conditions (préparation, enregistrement, écoute et retour). Il faut donc avoir un peu de largesse dans sa progression. En revanche, si vous faisiez des exposés sur une partie du programme, vous gagnez potentiellement du temps.
Propos recueillis par Julien Cabioch
