Un dispositif en plusieurs étapes
Conduit en 2de, le dispositif déploie plusieurs étapes : écriture créative des élèves en prolongement du texte romanesque ; comparaison avec des versions générées par l’IA à partir de la même consigne d’écriture et proposition de pistes d’amélioration ; ateliers (au choix) de réécriture de son propre texte ou de formulation de prompts plus élaborés ; lecture guidée du texte original de Claire de Duras ; prestation orale qui amène chacun·e en une minute à expliquer sa démarche et ses analyses (« L’oral se révèle ici un outil décisif : il permet aux élèves de verbaliser leurs intuitions stylistiques, de nommer des écarts et d’assumer une posture interprétative »).
La construction d’un « regard d’auteur »
Cette didactique de la comparaison s’avère pertinente. L’expérience cherchait à construire chez chaque élève ce que Nicolas Bannier nomme un « regard d’auteur » : « une posture de lecture qui consiste à observer le texte de Duras non plus seulement comme lecteur passif, mais en se demandant comment l’autrice s’y prend pour produire tel ou tel effet sur le lecteur ». Le travail mené démontre selon lui que « l’intelligence artificielle générative peut devenir un vrai levier pédagogique pour enrichir la lecture littéraire et encourager l’écriture créative – à condition d’être intégrée dans un cadre didactique clair et réfléchi ».
Jean-Michel Le Baut
Sur le site lettres de l’académie de Strasbourg
Nicolas Bannier dans le Café pédagogique
Webinaire AFEF : Enseigner le français à l’heure de l’IA
