Un manque de moyens, sans nul doute…
Si la grande majorité (90%) des collègues ayant renseigné l’enquête « a bien connaissance de l’existence des programmes », en revanche à peine un tiers des répondant·e·s « déclarent qu’elles, eux ou quelqu’un de leur établissement a été formé à leur appropriation » et « seul·e·s 42% des personnes disent que les séances ont été mises en place dans leur établissement ». La Fep-CFDT appelle le ministère de l’éducation nationale à donner « dans le public comme dans le privé » les moyens nécessaires à l’application de ces programmes d’EVAR.S « dont l’utilité dépasse largement le cadre scolaire mais relève d’enjeux sociétaux profonds ».
… Mais surtout des accommodements inquiétants avec les programmes
Le manque de formation et de moyens a rendu, on le sait, difficile, la mise en place de l’EVAR.S dans beaucoup d’établissements, quels qu’ils soient. Mais celle-ci se complique dans les établissements privés sous contrat, de « pressions venant majoritairement des directions pour ne pas appliquer le programme ou pour le réaliser par le spectre particulier de l’Enseignement catholique et du discours de l’Eglise » précise la Fep-CFDT.
L’enquête a ainsi mis en évidence la présence « dans de trop nombreux établissements » d’« associations confessionnelles, parfois réactionnaires qui diffusent un discours contraire aux valeurs de la République », notamment sexistes et anti-IVG. « Et cela, très souvent sur du temps de classe » et « dans des moments à caractère obligatoire (…) sans possibilité d’apporter un discours contradictoire contrevenant de ce fait à l’esprit des programmes et au contrat d’association passé entre les classes des établissements et l’Etat ». Selon la Fep-CFDT actuellement « un quart des établissements contreviennent aux programmes ».
La Fep-CFDT en appelle au respect des textes
La fédération rappelle sa détermination à accompagner « les équipes syndicales afin de faire respecter les textes, les valeurs de la République et la liberté de conscience de toutes et tous. » Ces situations ne sont pas « isolées » écrit-elle, et « le ministère doit cesser les messages flous concernant l’intervention des associations dans les établissements privés sous contrat ». Face à ces manquements et ces dérives, il se doit de rappeler à l’enseignement catholique ses obligations et de sanctionner « aussi durement que nécessaire » ceux qui dérogeraient « à leur contrat d’association et à leur mission de service public d’éducation ».
Claire Berest
Bilan à retrouver sur le site de la Fep-CFDT.
