Premier souffle, de Hu Yifan, Ed. Hongfei
Sur la couverture, bleue, le fin croissant d’une éclipse de lune. La sobriété se retrouve tout au long du livre, au niveau du texte et des illustrations. « Inspire » sur une première double page, « expire » sur les 2 pages suivantes. Une grenouille à la gorge gonflée puis dégonflée. Un pissenlit, dont les akènes s’envolent au vent. Une chrysalide, inspire, un papillon ! Un orage qui éclate, une libellule qui rebondit sur l’eau, mais aussi un escargot, un éléphant… Toujours au rythme de cette respiration : inspire/expire.
Les petites variations font sourire : pour le poisson « inspire » et puis « glouglou », histoire de ne pas se prendre trop au sérieux ! Et puis, on passe des variations des fonds bleu et de vert, au rose puis au rouge : inspire/expire pour un volcan qui crache le feu, avant un ventre de maman sur le point d’accoucher et un « respirons ensemble » avec un bébé tout neuf contre son cœur.
Lies illustrations minimalistes qui fonctionnent par paires invitent à un lent voyage visuel sur le souffle, sur le vivant, sur la vie qui se déploie.
Au premier regard, de Arturo Ichiro Bozzi, ill. Ilaria Demonti, Ed. Grasset Jeunesse
« Au premier regard, tous les arbres se ressemblent ». Comme les humains d’ailleurs. Pourtant, peu à peu, l’enfant apprend à reconnaître l’écorce, la forme des feuilles, l’ombre particulière de cet arbre dans lequel il aime grimper et qui lui paraissait comme tous les autres arbres. « Pareil pour les gens lorsque je les observe suffisamment longtemps. »
Ce récit, à la première personne, détaille peu à peu sa pensée : les yeux, le nez, les cheveux mais aussi les habitudes et les goûts varient d’une personne à une autre, les différences se dessinent pour peu qu’on y regarde de près. Et de conclure « Parce que finalement, personne n’est tout à fait vraiment tel qu’il nous apparaît au premier regard. »
La réussite de cet album assez simple pour penser l’universalité et la différence, la singularité versus les généralités, tient à une belle complémentarité texte-image, et… à la présence des arbres, au plus près de la vie des petits humains !
Marianne Baby
