Découvrez les conseils de Samra Bonvoisin, notre spécialiste cinéma, pour vos vacances d’été. Si vous appréciez nos articles, nous pouvez nous aider à poursuivre l’aventure du Café pédagogique. Nous vous souhaitons une très belle pause estivale.
« Notre Histoire. Chroniques du Caire » d’Abu Bakr Shawky
Comment un seul film peut-il à la fois raconter l’histoire de la famille du réalisateur, du club de football local, de sa ville et de son pays natal, l’Egypte, en une fiction tragi-comique étalée sur deux décennies, de 1967 à 1984. ? Pour son 3e long métrage, le cinéaste égypto-autrichien Abu Bakr Shawky relève le défi d’une manière très personnelle. Il dispose de sources d’inspiration à foison. Il plonge dans sa propre enfance, part de l’histoire vraie de la rencontre entre ses parents, puise dans la ‘légende familiale’, matière vive de récits réels et fantasmés transmis sur plusieurs générations. De ce terreau fertile naît, entre les murs de l’appartement trop étroit d’un quartier populaire, une petite communauté, passionnée, bruyante, débordante d’énergie et d’humeurs excessives, composée de nombreux personnages ordinaires, confrontés à des bouleversements marquants de l’histoire récente de l’Egypte. Lire la suite
« L’Etrangère » de Gaya Jiji
Qu’est-ce que l’exil ? Par exemple, pour une femme syrienne comme Selma, L’Etrangère, qui fuit la guerre en laissant derrière elle un fils de six ans et un mari disparu dans les geôles du régime ? Comment s’est-elle arrachée à sa terre natale et aux êtres aimés ? Où a-t-elle puisé l’énergie nécessaire à un long et périlleux périple ? Lire la suite
« Ulysse » de Laetitia Masson
Ulysse, c’est le récit d’apprentissage d’un garçon au prénom mythologique, de sa naissance à son adolescence, sur grand écran. Ulysse, c’est la description romanesque et épique du combat farouche d’Alice, la mère, pour que son enfant différent trouve sa place dans le monde. Ulysse, c’est le film sensible et juste de Laetitia Masson, une mère engagée aux côtés d’Alphonse, son propre fils atteint d’un syndrome génétique (interprète du rôle d’Ulysse) , et une cinéaste de talent, capable de transcender une expérience personnelle en odyssée universelle. Lire la suite
« Toutes mes sœurs » de Massoud Bakhshi
« Grandir à Téhéran au XXIe siècle… De 2007 à 2025, au sein d’une famille aimante, dix-huit ans dans la vie de trois sœurs, de leur prime enfance à leur quotidien de jeunes femmes en quête de liberté. Elevées dans la tradition, témoins des luttes d’une jeunesse en perpétuel mouvement, quel est leur avenir dans la société iranienne d’aujourd’hui ? ».
La sobriété du script de Toutes mes sœurs et la simplicité des mots pour le dire sont-elles assez fortes pour susciter le désir de voir le film de Massoud Bakhshi ? Ce documentaire exceptionnel crève l’écran dès les premières images. Nous sommes instantanément touchés par la grâce et l’espièglerie de Mahya et Zahra (rejointes dix années plus tard à l’image par Malika, la benjamine). Pour l’heure, voici deux gamines jouant, riant, esquissant rondes et pas de danse, filmées en intérieur dans le cadre familial, sous le regard attentionné, délicat, du cinéaste, à la voix douce, leur oncle. Et, au-delà du portrait criant de vérité de jeunes filles dans les étapes essentielles de la formation de leur personnalité, en filigrane un miroir révélateur de la société iranienne dans sa complexité. Lire la suite
« A bras-le-corps » de Maie-Elsa Sgualdo
1943, dans un village du Jura suisse. Après un viol et une grossesse précoce, Emma, 15 ans, employée de maison dans la famille du pasteur protestant de la communauté, s’arrache pas-à-pas à la relégation attendue et entame sous nos yeux une lutte lente et déterminée pour conquérir sa liberté. Loin du récit édifiant, aux antipodes du pamphlet militant, Marie-Elsa Sgualdo, accompagne, avec justesse et délicatesse, « la rébellion silencieuse » de son héroïne. Au plus près d’un corps qui se met en mouvement et d’un esprit qui s’éveille à la conscience de soi et à l’appréhension du monde. Lire la suite
Cannes 2026 : « La Vénus électrique » de Pierre Salvadori
Un véritable enchantement ! Imaginez une comédie jubilatoire, renouant avec les origines foraines du 7e art, une romance traversant les apparences, un feuilleton abracadabrant entrecroisant supercheries en cascades et confusion des sentiments. Une fiction débutant sous le signe de l’artifice et générant en chemin de stupéfiantes découvertes sur les forces vivifiantes de l’amitié et de l’amour vrais. Un spectacle cinématographique, burlesque, inventif, libre, interrogeant les fondements de la représentation jusqu’au vertige. Impossible de résister à La Vénus électrique. A la puissance foudroyante et subversive du 11e long métrage de Pierre Salvadori, film d’ouverture du Festival de Cannes, Sélection officielle-Hors Compétition. Lire la suite

