Découvrez les conseils de Samra Bonvoisin, notre spécialiste cinéma, pour vos vacances de fin d’année.
« En fanfare » de Emmanuel Courcol
A partir d’un synopsis malicieux sur l’adoption, l’héritage génétique et la transmission culturelle, une comédie sociale enthousiasmante, dynamisée par un casting épatant (Benjamin Lavernhe, Pierre Lottin, Sarah Succo, entre autres interprètes tous justes et convaincants) ; une fable politique autour de l’amour de la musique et de son partage comme transcendance émancipatrice au delà des différences sociales et chemin chaotique, tantôt dramatique tantôt joyeux, de solidarité et d’humanité. Un plaisir rare, plébiscité (et applaudi en fin de séance !) par plus d’1 million de spectateurs emballés alors que le film d’Emmanuel Courcol (Sélection officielle, Cannes 2024) entre dans sa 4ème semaine d’exploitation et est projeté dans 900 salles de cinéma en France. Longue vie à « En Fanfare », hymne tonitruant à la fraternité retrouvée.
« Vingt Dieux » de Louise Courvoisier
Divine surprise du dernier Festival de Cannes, Vingt Dieux, au titre malicieux, suscite d’entrée de jeu l’étonnement et l’admiration. Pour son premier long métrage, Sélection ‘Une Certain Regard’ et Prix de la Jeunesse, Cannes 2024 entre autres récompenses, Louise Courvoisier nous offre un épatant ‘western agricole’, tourné en Scope et aux couleurs, lumineuses et estivales, du Jura, sa terre natale. Avec son coscénariste Théo Abadie (et camarade de promotion de la Cinéfabrique de Lyon comme d’autres collaborateurs du film) la jeune femme, déjà lauréate de la Cinéfondation cannoise en 2018 après son court-métrage, imagine le roman d’apprentissage, à la fois rugueux, fougueux et burlesque, de Totone, 18 ans, glandeur et fanfaron, vivant à la ferme paternelle avec sa petite sœur. Lire la suite
« Ernest Cole, photographe » de Raoul Peck – Prix Œil d’Or, Festival de Cannes 2024
Qui se souvient aujourd’hui d’Ernest Cole (1940-1990), premier photographe sud-africain à avoir documenté l’apartheid et la domination raciale en vigueur sur sa terre natale ? A 27 ans, il publie House of Bondage [‘La Maison de servitude’], ce qui lui vaut le bannissement et le contraint à partir aux Etats-Unis. Condamné à un exil sans retour, auteur d’une œuvre immense et longtemps ignorée, l’artiste meurt dans le plus grand dénuement à New-York en 1990. Fidèle à la démarche documentaire croisant subtilement la vie intime et la création chez James Baldwin ( I am not your negro, 2017), Raoul Peck, également scénariste ici, mêle avec pertinence témoignages, textes et photographies d’Ernest Cole. Lire la suite
« Diamant brut » d’Agathe Riedinger
Comment une jeune femme d’aujourd’hui sans espoir d’ascension sociale en vient-elle à se fixer l’objectif, unique et obsédant, d’être choisie pour participer à une émission de téléréalité ? Et, qui plus est, en faisant subir à son corps une métamorphose morphologique et esthétique au service d’une sexualisation exacerbée, comme si elle pratiquait sa féminité comme un ‘sport de combat’ ? Lire la suite
« Rabia » de Mareike Engelhardt
Que s’est-il passé dans la tête de Jessica et de Laïla, deux amies parties tout soudain de France pour gagner Raqqa en quittant sans prévenir leur travail et leur famille ? Rabia, premier long métrage, très documenté au réalisme halluciné, nous plonge dans le quotidien d’une ‘madafa’, une maison regroupant exclusivement les femmes étrangères, célibataires ou veuves, destinées au mariage. Lire la suite
« The Wall » de Philippe Van Leeuw
Comment un agent chargé de défendre son pays en vient-il à exercer sa mission de maintien de l’ordre au point de considérer l’autre, l’étranger, comme une bête à traquer l’arme au poing, sans état d’âme ? A fortiori s’il s’agit d’une jeune Américaine, membre de la police fédérale des frontières entre l’Arizona et le Mexique, entièrement dédiée avec un froid acharnement à protéger sa patrie contre les nuisibles, trafiquants et clandestins, qui en menacent l’intégrité ? Le cinéaste Philippe Van Leeuw nous plonge sans ménagement dans la poussière et la chaleur sèche d’un désert où souffle un vent mauvais ; un territoire amérindien millénaire devenu zone militarisée, patrouillée sans relâche par l’agent Jessica Comley, toujours sur le pied de guerre. Lire la suite
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