Aurélie Roux, Caroline Duprat, Ariane Fraisse et Claire Rosalba collaborent dans un groupe de l’IREM de Clermont-Ferrand. Elles cherchent à comprendre quelle progression annuelle construire en 6e, en s’inspirant des travaux conduits sous l’impulsion d’Anne-Cécile Mathé à l’école élémentaire et en approfondissant leurs connaissances sur la géométrie à l’école et au collège..
Les difficultés des élèves
Parmi les difficultés des élèves à acquérir les savoirs du programme, la difficulté à se détacher des formes et propriétés visuellement reconnues « d’un coup d’oeil », et à focaliser son attention sur une partie de la figure, ou de l’enrichir de tracés supplémentaires. Les recherches disponibles, dont celles de Marie-Jeanne Perrin-Glorian, insistent sur les perspectives pédagogiques données par la production/reproduction de figures « aux instruments » comme levier intéressant pour faire le lien entre les apprentissages de l’école et celles du collège.
Les animatrices de l’atelier insistent aussi sur les apprentissages langagiers nécessaires, en situation, pour permettre le passage du langage naturel au langage géométrique, qui met l’attention sur les propriétés techniques des objets géométriques (Petitfour, Duval). Elles expliquent qu’il s’agit donc « d’apprendre à voir les figures comme des objets mathématiques (et pas seulement de manière perceptive) au cycle 3, en focalisant moins sur le « tracer bien » que sur le « tracer juste ».
Des exemples
Dans l’approche TSD, elles vont chercher à imaginer des situations d’action, de formulation et de validation, à construire des séquences, proposer des tâches, des évaluations… Bref à faire évoluer leur enseignement, et pas seulement en géométrie. Elles donnent quelques exemples aux participants, en les mettant au travail avec distribution de matériel : pour réaliser la tâche, il va falloir construire des droites actuellement invisibles, qui vont permettre de construire les points nécessaires pour tracer la figure juste.
Cependant ces analyses a priori ne les empêchent pas de voir surgir de nombreuses difficultés, comme celles des élèves, qu’elles soient motrices, langagières, ou qu’elles relèvent de la procédure à construire pour réaliser la tâche. Dans leur groupe IREM, c’est en travaillant à partir de vidéos de situations de classe que les enseignantes reconsidèrent leurs situations et cherchent à les rendre plus accessibles : proposer de nouveaux outils, comme l’équerre papier dépliable qui va permettre de comprendre qu’un angle droit définit aussi trois autres angles.
La mise en commun en classe
En fin de séance de classe, les moments de validation permettent donc de tester tous ensemble la validité d’un texte permettant de produire une figure.
Travaux en IREM et enseignement
Participantes engagées dans le groupe IREM, les enseignantes insistent sur l’impact de leurs travaux dans l’exercice de leur métier : « ils modifient à la fois notre conception des enjeux d’apprentissage géométriques, mais aussi nos gestes professionnels, de plus en plus ajustés pour aider par exemple à la dévolution du problème par les élèves, et pour accompagner le passage d’un langage technique à un langage géométrique ». Une véritable école de formation professionnelle, grâce au « préparer », « mettre en oeuvre » et « analyser » ensemble…
Le public de l’atelier est conquis, autant par l’humilité des propos que la cohésion construite par les animatrices de l’atelier. Un moment marquant pour illustrer et enrichir les propos de tribune…
Patrick Picard
