En quoi votre plateforme se distingue-t-elle des outils de quiz classiques ?
Kutsum a été conçu au départ pour répondre à un besoin très spécifique en mathématiques, qui reste aujourd’hui son cœur d’usage. La plateforme permet aussi de créer des QCM, QCU et des questions à réponse libre dans n’importe quelle discipline. La plateforme part d’un constat simple : en mathématiques, le QCM est très limité. Choisir une bonne réponse ne demande pas le même travail que de la construire soi-même.
La plateforme permet aux élèves de saisir de véritables expressions mathématiques (fractions, puissances, racines…) via un clavier adapté, et surtout de recevoir un retour précis sur leur réponse.
Par exemple, si un élève répond 8/12 au lieu de 2/3, la réponse est mathématiquement correcte, mais pas sous la forme attendue. Kutsum ne se contente pas d’indiquer “faux” : il explique que la fraction n’est pas irréductible et montre la simplification.
De la même manière, certaines erreurs classiques sont reconnues automatiquement (comme additionner numérateurs et dénominateurs séparément), ce qui permet de donner un retour ciblé sans que l’enseignant ait à tout anticiper.
L’objectif, c’est de rendre enfin possibles des questions ouvertes en mathématiques avec correction automatique pertinente, là où les outils classiques restent essentiellement limités au QCM.
Je l’utilise de deux façons assez complémentaires.
En fin de séance, je projette un quiz d’une dizaine de questions au tableau. Les étudiants répondent sur leur téléphone et voient le classement en temps réel, ce qui crée une vraie émulation. Ça me permet aussi de repérer immédiatement si une notion n’est pas passée.
Les étudiants utilisent aussi Kutsum à la maison. Un mode “entraînement” leur permet d’interroger la base de données et de travailler leurs automatismes en toute autonomie.
Pourquoi était-il important que les élèves saisissent des réponses mathématiques complètes ?
Le QCM masque en grande partie le raisonnement de l’élève. Un élève qui choisit la bonne réponse parmi plusieurs propositions peut y arriver sans avoir réellement compris. Et en cas d’erreur, on ne sait pas pourquoi. Avec une réponse libre, on voit ce que l’élève a produit. Par exemple, répondre 2/8 au lieu de 2/3 permet d’identifier immédiatement une erreur de méthode. Ce type d’information est beaucoup plus riche pédagogiquement. La plateforme s’appuie dessus pour proposer un retour adapté, ce que ne permet pas un QCM.
Comment fonctionne concrètement votre moteur de correction ?
Le principe est de séparer deux aspects :
– la valeur mathématique de la réponse
– la forme attendue
Une réponse peut être juste sur le fond mais incorrecte sur la forme (par exemple une fraction non simplifiée). À partir de cette analyse, le système génère un retour qui s’appuie sur la réponse de l’élève, en montrant les étapes nécessaires (simplification, transformation, etc.).
Certaines erreurs fréquentes sont également détectées automatiquement, ce qui permet de proposer des explications ciblées sans paramétrage spécifique.
Quels retours avez-vous des élèves ?
Les retours sont globalement très positifs, avec deux points qui reviennent souvent :
– le côté dynamique et motivant en classe avec le classement
– le fait de pouvoir s’entraîner facilement en autonomie
Deux étudiants m’ont dit spontanément qu’ils s’entraînaient chez eux le soir pour essayer de finir premiers au quiz suivant. Quand un outil de travail devient un défi entre camarades, c’est qu’il remplit vraiment son rôle.
Enfin Kutsum est par ailleurs gratuit et open source, et bénéficie du soutien institutionnel de la DRANE BFC et de la DNE.
Propos recueillis par Julien Cabioch
