La crise que traverse notre établissement traduit les failles d’un système qui engendre la violence par ses insuffisances et les incohérences auxquelles il soumet toute la communauté éducative, ne reposant plus que sur la bonne volonté des personnels, qui ont à cœur leurs missions, mais qui sont devenus les derniers fusibles d’un circuit qui dysfonctionne. Aujourd’hui, le cadre de vie de nos élèves et étudiants dans l’enceinte de l’établissement est un sujet qui cristallise des violences multiples qui finissent par devenir dramatiquement physiques tant l’exaspération est grande pour tous.
Nos élèves, nos étudiants, n’ont pas l’espace de vie nécessaire au déroulement serein de leur scolarité, n’ayant ni cafétéria, ni accès aux espaces extérieurs pour prendre leurs repas, ni espaces de travail en nombre suffisant, jusqu’aux toilettes restreintes : ces manques sont aujourd’hui une atteinte à leur dignité et au respect que nous leur devons et qui, par extension, est un manque à notre égard. En ce sens, les nombreuses demandes de moyens supplémentaires, nos remontées de réunions syndicales et de commissions, l’alerte sur les dangers à déléguer des missions supplémentaires que nous ne sommes pas tous en mesure de remplir sereinement et efficacement sont toutes restées lettres mortes. Voilà où nous en sommes.
« Un système qui ne regarde plus que les performances à moindre coût »
Aujourd’hui, aux yeux de certains de nos élèves et étudiants, nous sommes l’incarnation de l’autoritarisme et de l’impunité alors que chacun de nous met toute son énergie, tout son temps et son travail en vue du maintien d’un cadre propice à leur réussite. Et elle nous tient à cœur ! C’est la raison pour laquelle nous comblons, nous compensons, nous pallions des conditions matérielles indignes mais aussi une anxiété généralisée produite par le système quand il ne regarde plus que les performances à moindre coût. Ces souffrances morales, symboliques et physiques quand elles tournent au drame de vendredi dernier, sont subies par tous, personnels, élèves, et étudiants.
La situation dramatique actuelle révèle au grand jour les conséquences d’un temps long ; cette crise est la continuité de notre quotidien à tous et tant que la dignité des uns et des autres n’est pas reconsidérée, nous ne pouvons pas avancer ensemble. Ce à quoi nous appelons, en notre nom et aux noms de nos élèves et étudiants, c’est à une véritable considération politique qui voit, au-delà des chiffres, le plus important à nos yeux : les humains, l’engagement et l’union.
Les enseignants du lycée Jules Guesde réunis en Assemblée le 13/04/2026
