Les fenêtres n’empêchent ni le vent, ni le froid
Les jours où il fait chaud, on devrait les fermer
On devrait pouvoir clore les stores et les volets ..
pourtant on cherche l’air, on suffoque, on étouffe,
Pas un ne bouge, au souffle du soupirail rouge.
Il faudrait rénover, oui mais seulement voilà,
puisque ça coûte un bras on fera comme on pourra.
Dehors un marronnier et de l’ombre pour trois,
une cour ensoleillée, pour jouer à la récré.
Des mecs endimanchés assis dans leurs bureaux
t’expliquent en long en large sur l’écran de télé
qu’il faut rester au frais, boire et se reposer.
C’est facile quand chez toi, tout est climatisé
d’expliquer aux maîtresses comment bien travailler –
Voilà la vérité : dans nos classes surchauffées,
on transpire, on suffoque, on a quarante degré.
Les enfants épuisés souffrent de céphalées,
ils s’endorment, saignent du nez, plus moyen de travailler.
La maîtresse liquéfiée, les chevilles gonflées :
On fait classe, en apnée, en attendant juillet.
On sort les robes d’été bien avant les vacances,
c’est pas pour être jolie, juste une question de survie
à l’école, les fenêtres ne s’ouvrent pas la nuit,
on pourrait nous voler les trousses et les cahiers
Le bien-être à l’école, en vrai, on s’en balance,
on n’a pas de jardins, ni d’espaces ombragés,
Sarah Leleu
