Il y a un an, la flamme des Jeux Olympique s’éteignait. Adossé à cet événement planétaire, le président de la République émettait le souhait que « la France devienne enfin une grande nation sportive ». Cette ambition faisait office d’héritage. Comme le rappelait Victor Hugo : « Le patrimoine n’est vivant que s’il est partagé. La jeunesse en est l’écho et la continuité. »
Or, notre jeunesse, une fois les années collège terminées, délaisse toujours autant la pratique sportive. Elle ne fait pas partie de son mode de vie. Pour remédier à cette situation, une politique de promotion du sport fondée sur ses bénéfices sanitaires a été engagée. Une autre perspective aurait pu être pensée en partant des raisons pour lesquelles les jeunes ne pratiquent plus le sport. Elle a été ignorée.
La première s’inscrit dans la continuité des politiques publiques qui sont menées depuis les Trente Glorieuses. C’est une approche instrumentale où, au gré des actualités du moment, le sport est convoqué pour valoriser les valeurs de la modernité, pour accompagner l’intégration républicaine et aujourd’hui pour remédier à l’inactivité physique. Les effets envisagés de la pratique du sport deviennent les causes qui doivent en être à l’origine. Ce n’est plus le pratiquant qui décide pourquoi il pratique. C’est le pouvoir politique qui, au travers des politiques menées, pense pour lui. Les effets mesurés de ces options témoignent de leur inefficacité. Jouer sur des motifs extrinsèques ne permet pas d’installer une pratique culturelle dans la durée.
Penser autrement la relation entre les jeunes et les sports
Riche de ces enseignements, il aurait été pertinent de profiter de cet évènement pour penser autrement la relation entre les jeunes et les sports, de proposer un nouveau paradigme et de concevoir des actions publiques qui prennent en compte les raisons pour lesquelles les jeunes ne pratiquent plus le sport. Bref, valoriser une approche signifiante qui, à l’inverse de celle présentée plus haut, part des causes qui sont à l’origine du décrochage sportif. Les effets induits prennent alors de la consistance au travers du sens que la pratique revêt pour le pratiquant et s’inscrivent dans le temps.
Fidéliser à la pratique sportive
Dans ce cas, les actions à envisager ne sont plus de l’ordre de la promotion du sport mais de celui de la fidélisation à la pratique sportive. Il ne s’agit plus de vanter les bénéfices de l’activité sportive mais de tout faire pour qu’elle se prolonge. Pour cela, de nombreuses enquêtes, en France et à l’étranger, montrent que la pratique du sport, à l’école et dans les clubs doit, pour ne plus être répulsive, valoriser quatre aspects essentiels : proposer des formes variées d’expériences dans lesquelles le pratiquant peut choisir un défi à sa mesure ; se dérouler dans un environnement accueillant et rassurant ; renvoyer une image positive du pratiquant ; rendre le sportif acteur des efforts qu’il consent.
On peut regretter qu’un des héritages des JOP ne soit pas un repensé des politiques menées en direction de la pratique sportive des jeunes. Pour autant, il n’est jamais trop tard pour envisager de se rapprocher des jeunes sportifs pour qu’à leur tour, ils ne s’éloignent plus du sport.
Maxime Travert
