Le texte des programmes de cycle 1 précise « Ce programme répond au premier objectif de l’école maternelle, qui porte sur la compréhension et l’usage du langage et de la langue française. » … mais sans définir clairement les 2 notions. Les choix sémantiques des programmes peuvent influencer à la fois le contenu des formations et la façon dont les enseignants orientent leurs pratiques et conçoivent leurs actions. C’est pourquoi dans le cadre du programme d’« Enseignement pour le développement et la structuration du langage oral et écrit au cycle 1 », cela aurait présenté un intérêt qu’une distinction explicite et rigoureuse entre les notions de langue et de langage soit formulée dans les principes énoncés en préambule.
En effet, langue et langage ne désignent pas la même chose.
La langue désigne un système de signes codifié et partagé par une communauté, en l’occurrence ici, la langue française. Celle-ci possède une grammaire, un lexique, une syntaxe, une phonologie, qui constituent des règles à apprendre.
Le langage fait référence à la faculté humaine de communiquer, ainsi qu’à l’usage individuel que chacun fait de ce système pour penser, s’exprimer.
Ces deux notions interagissent dans le développement des compétences langagières : c’est en maîtrisant progressivement la langue (ses structures, son vocabulaire, ses codes) que l’enfant affine son langage (ses capacités à comprendre, formuler des idées, entrer en relation). Et inversement, c’est à travers l’usage du langage – dans des situations de communication authentiques (réf classeur des savoirs) – que l’enfant intègre progressivement les composantes de la langue.
Introduire explicitement cette distinction dans les programmes et référentiels réaffirmerait que la maîtrise du langage n’est pas seulement une question de vocabulaire, mais bien une construction progressive qui articule usage et système, expression personnelle et normes collectives.
Les termes employés ne sont jamais neutres ! langue et langage, lorsqu’ils sont saisis et interprétés avec justesse, portent en eux un pouvoir : celui d’orienter la pensée et l’action, celui de guider les approches pédagogiques et les pratiques enseignantes de manière plus éclairée.
Christine Bauducco
Dans Le Café pédagogique :
Programme du cycle 1 : « Les termes employés ne sont jamais neutres !
