L’échec du Choc des savoirs : 19% des collèges appliquent totalement des groupes de niveaux
Selon les résultats d’une enquête du Snes publiée lundi 17 novembre, moins d’un collège sur 5 (19%) applique la mesure phare de la réforme du Choc des savoirs : la mise en place de groupe de niveaux.
Derrière la bataille lexicale, « niveau », « besoin », la bataille sémantique est une bataille idéologique car le tri des élèves n’était pas une option souhaitée par les personnels. « Nous ne trierons pas nos élèves » affirmaient-ils lors des mobilisations contre la réforme annoncée par le ministre Attal. Si les ministres suivants en ont assoupli le projet, l’esprit de cette réforme est rejeté massivement par la communauté éducative.
L’enquête du Snes-Fsu confirme pour la deuxième année consécutive le rejet de cette réforme, qui n’est pas appliquée majoritairement dans les collèges. Pour le Snes ce sont des résultats sans appel, avec 7 points de moins que l’année précédente et une hausse de 11 points pour les collèges qui fonctionnent en classe entière.
Dans son courrier au ministre, le syndicat écrit que « le « renforcement » prévu par votre prédécesseure Élisabeth Borne en 4ème et 3ème à cette rentrée à la place des groupes de niveau est inexistant dans 48 à 66 % des collèges selon leur organisation ». L’enquête du Snes relève aussi que le volet de soutien « jusqu’à deux heures » pour les élèves en difficulté est peu mis en œuvre avec une estimation entre 15 et 23%. Les annonces, sans moyens suffisants ni adhésion ne sont que peu appliquées.
Recours juridique, dégradation des conditions de travail
Le SNES-FSU avait lancé un nouveau recours contre les textes publiés au printemps 2025 après l’annulation de l’arrêté en décembre dernier. Le syndicat souligne aussi que « dans le cadre de regroupements entre plusieurs classes, 71 à 76 % des collègues déclarent une dégradation de leurs emplois du temps et 46 % à 53 % une dégradation de ceux de leurs élèves comme le montre notre enquête ».
En juin dernier, l’IGESR dressait un constat sévère sur les groupes de besoins, mesure phare de communication de la réforme du « Choc des savoirs ». Les inspecteurs généraux dénonçaient, eux aussi, une réforme mal préparée, précipitée, et inefficace pour le public qu’elle ciblait. L’IGESR décrivait « l’écart entre le discours et le réel » et demandait de revenir sur les groupes. « Force est de constater que la mesure n’a que peu permis de faire émerger des solutions pour les élèves les plus fragiles » peut-on lire dans le rapport. Bilan : des écarts qui se creusent toujours, doublés d’une politique assumée de séparatisme social et scolaire.
Alors quel avenir pour les groupes de niveaux, une réforme pas vraiment appliquée, rejetée par les personnels, et critiquée par l’IGESR qui recommandait « une démarche de long terme » ?
Djéhanne Gani
Dans Le Café pédagogique
Groupe de besoins : une réforme sans effets pour les élèves les plus fragiles (rapport IGESR)
