Des postes de stagiaires en hausse, mais 4 018 suppressions réelles
L’augmentation affichée du nombre de postes concerne essentiellement les stagiaires (8 000 postes), ce qui masque en réalité 4 018 suppressions :
– 2 373 postes dans le premier degré
– 1 675 postes dans le second degré
Syndicats et élus de gauche défendent une autre stratégie : profiter de la baisse des effectifs d’élèves pour améliorer les conditions d’apprentissage et d’enseignement, en réduisant la taille des classes plutôt que les moyens.
Le groupe socialiste du Sénat affirme : « Contrairement au gouvernement, nous avons une ambition forte : créer une école de qualité et bienveillante pour les enfants et les professionnels. » Marie-Pierre Monier rappelle que la dépense par élève du primaire est inférieure à la moyenne de l’OCDE, avec des classes parmi les plus chargées d’Europe et des salaires inférieurs de près de 20 % en moyenne : « Le sous-investissement n’est pas une vue de l’esprit mais une réalité bien tangible. » Elle déplore « encore une vision comptable » et des suppressions qui entraîneront une « surenchère de fermetures de classes dans la ruralité ». Elle appelle les sénateurs ayant soutenu le budget à « assumer demain, dans leurs territoires, ces suppressions ».
Un budget qui « sacrifie » l’éducation ?
Pour Colombe Brossel, il s’agit d’un « budget de l’éducation qui sacrifie » celle-ci, et elle invite à prêter attention à l’ensemble des personnels. Elle rappelle qu’il n’existe « qu’un médecin pour 12 000 élèves » et estime que le gouvernement « ne propose rien » pour la pénurie des AESH ou des personnels médico-sociaux. La sénatrice pointe également les difficultés touchant le Pass culture et les opérateurs du ministère.
Elle évoque une « baisse de l’ambition pour les élèves », affirmant que « les masques tombent ». Elle souligne qu’un amendement du Rassemblement national visant à supprimer davantage de postes a été finalement retiré.
Djéhanne Gani
