Un matériau interdit depuis 1997
L’amiante est interdit en France depuis 1997. Les matériaux amiantés encore présents dans les bâtiments scolaires ont donc, pour la plupart, près de 30 ans, voire davantage. Leur vieillissement accroît les risques de dégradation et de diffusion de fibres dangereuses pour la santé.
Depuis 2005, de nombreux rapports pointent le retard accumulé par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace dans la gestion de ce dossier. Une enquête récemment présentée en mars 2025 confirme les alertes répétées des organisations syndicales : l’amiante est massivement présent dans les écoles et les établissements d’enseignement. Selon cette enquête, il peut constituer « un grave danger pour la santé au travail des personnels et des élèves ».
Une question de santé au travail longtemps ignorée
Cette situation met en lumière un angle mort de l’Éducation nationale : la santé des agents, souvent privés d’une véritable médecine de prévention. La présence persistante de l’amiante dans les établissements scolaires illustre ces contradictions et pose une question majeure de responsabilité sanitaire.
82,2 % des établissements concernés
Les chiffres issus de l’enquête sont sans appel : 82,2 % des établissements seraient concernés par la présence d’amiante, exposant ainsi des milliers d’agents, d’élèves et d’étudiants à un risque sanitaire durable.
Une signalétique pour informer et protéger
Face à ce constat, Sud Éducation plaide pour la mise en place d’une signalétique obligatoire et visible, conformément à la circulaire Fonction publique du 28 juillet 2015.
« Au-delà du suivi inégal et lacunaire du risque amiante sur le territoire, la mise en place de la signalétique claire imposée par la circulaire Fonction publique du 28 juillet 2015 permettrait à tout·e chef·fe d’établissement, tout·e directeur·rice d’école, à tout·e agent·e et à tout·e usager·ère, élève ou étudiant·e, de savoir identifier les zones, matériaux, mobiliers et matériels pédagogiques amiantés, et d’adapter les comportements collectifs et individuels à ce risque » écrit-il.
Pour le syndicat, cette mesure constitue un préalable indispensable à une politique de prévention efficace et à la protection de l’ensemble de la communauté éducative.
Djéhanne Gani
Dans le Café pédagogique
Amiante dans le bâti scolaire : 80% des établissements potentiellement concernés
