Le fiasco de la réforme Grandjean
Une réforme aussi en forme de fiasco dont le détricotage, partiel, vient d’être annoncé par le ministre Geffray pour l’année scolaire 2026-2027 : épreuves écrites mi-juin alignées sur le calendrier des épreuves des voies générale et technologique, disparition du parcours différencié au profit d’un accompagnement personnalisé de deux semaines, sécables, positionné désormais avant la mi-mars « en amont de la clôture des vœux de Parcoursup »…
Du parcours différencié à l’accompagnement personnalisé
Des avancées en forme de désaveu de la réforme Grandjean, dont se félicitent les syndicats, mais qui n’actent pourtant pas l’abandon du parcours Y. Le ministre Geffray avait pourtant annoncé réfléchir à sa suppression et sa disparition semblait acquise. La période d’accompagnement personnalisé prendra désormais la forme soit de « 2 semaines de formation en milieu professionnel (rémunérées par l’état) » soit de « 2 semaines de temps d’accompagnement préparant à la poursuite d’études ». Réduction drastique donc du dispositif, mais maintien tout de même, et refus d’en reconnaitre l’échec.
Dans ce contexte, le retour de la double tutelle Travail/Éducation nationale, apparait comme un signal fort : « En mélangeant formation scolaire et apprentissage au sein d’un même portefeuille, le gouvernement veut imposer l’apprentissage comme unique horizon » explique le SNUEP-FSU. Il rappelle aussi que les réformes de l’enseignement professionnel qui « font entrer davantage l’entreprise dans l’école, au prétexte de diminuer le chômage des jeunes », et permettent de déverser « des dizaines de milliards pour l’apprentissage » n’ont abouti qu’« à un échec : près d’un jeune sur cinq est au chômage ».
Le syndicat dénonce donc « la création de cette délégation ainsi que la double tutelle du ministère du Travail et du ministère de l’Éducation nationale » et « réaffirme que la formation professionnelle initiale doit rester une mission de plein exercice de l’Éducation nationale dans le cadre d’une scolarité obligatoire portée à 18 ans ».
Lourd de sens, le retour de la double tutelle entérine le démantèlement de la voie professionnelle. A la visée éducative, il préfère la logique de l’employabilité.
Claire Berest
